Di sak na pou di

Pour une douce « vélorution »…

Témoignages.re / 21 août 2012

Il est heureux que Franck Cellier, journaliste au “Quotidien”, ait choisi l’autre dimanche de consacrer une double page à ce qu’il appelle « la révolution (trop ?) douce du vélo » . Par le biais de ce courrier du simple citoyen que je suis, je voudrais l’en remercier.
Il est bon qu’il ait été rappelé qu’il y a dans notre île des hommes et des femmes qui, sans se décourager face à la facile et envahissante émergence de l’automobile, se battent dans des conditions difficiles pour que soit admis par les autorités et davantage de population que le vélo, à côté du temps d’exercice physique qu’il nous apporte, a sa pleine place dans nos déplacements urbains. Il est bon que nos responsables politiques soient amenés à voir que l’aménagement de nos territoires est aujourd’hui confronté à la rareté du foncier. Des employés qui se rendraient à leur lieu de travail à vélo permettraient de voir autrement la question des surfaces des terrains gelés pour des parkings. Combien d’hectares seraient alors récupérés pour des activités plus profitables à notre économie ? Les pistes cyclables urbaines réalisées à Saint-Denis, au Port, à l’Etang-Salé, à Saint-Pierre et en bien d’autres lieux de notre île sont autant d’appels faits à nos populations pour oser voir le monde de leur selle en lui apportant leur part de sain progrès.

Il est bon également qu’il ait été rappelé que cette réflexion sur une nécessaire « vélorution » et les « coups de pioche » qui l’ont accompagnée dépasse les clivages politiques. Et que, dès lors, il est de la responsabilité des mairies et de leurs EPCI respectifs ainsi que de nos assemblées départementale et régionale de créer les conditions pour que Johnny Mazagran et Vincent Bénard — ce sont les deux exemples cités par Franck Cellier de citoyens qui se rendent à leur travail en pédalant — encouragent des dizaines de milliers d’autres à faire comme eux.

Didier Tronchet, dans un “Petit traité de vélosophie” note que, « … moyen de locomotion physique, certes, la bicyclette est surtout un moyen de locomotion de la conscience… Tout corps placé sur un vélo voit son regard sur le monde déplacé… A l’extérieur, on se déplace à vélo. Mais à l’intérieur, c’est le vélo qui nous déplace ».

Au maire d’une de nos petites communes des Hauts, nous avions il y a quelque temps discuté du coût annuel pour sa collectivité du transport de l’ensemble des écoliers et collégiens. Nous avions mis cette dépense face au budget qui permettrait de doter chaque jeune concerné d’une bonne bicyclette. La comparaison ne fut pas sans intérêt. Que nous faut-il faire, les uns et les autres, pour sortir de notre naturel conservateur qui nous fait craindre les voitures qui passent alors qu’il s’agira de leur imposer un code de bonne conduite, ou encore la pluie qui pourrait tomber alors que ce problème a trouvé sa solution en Scandinavie, en Allemagne, en Chine, en Suisse, en France et en bien d’autres pays où il pleut aussi.

Oui, le vélo — cette merveilleuse machine toute simple et qui ne connaît pas la marche arrière — doit entamer sa douce révolution. Il fallait l’écrire. Merci à Franck Cellier.

Raymond Lauret


Kanalreunion.com