Di sak na pou di

Pourquoi cacher la vérité ?

Courrier des lecteurs de Témoignages / 26 septembre 2017

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Sur cette boule terrestre, symbole de cohésion, de simplicité et d’unité, les humains semblent perdus. On sait depuis fort longtemps que la connaissance, la culture et la sagesse ne s’improvisent pas. Vouloir tout comprendre tout de suite est aussi absurde que vouloir posséder tout de suite tout ce que l’on désire. Le temps ne pardonne pas ce qui se fait sans lui.

On voit où nous mène la moderne précipitation. Les humains s’évertuent à couper les cheveux en quatre. Personne n’est aujourd’hui crédible si ses propos ne s’appuient pas sur ce qu’un autre aurait dit avant lui. Où sont les idées personnelles, l’esprit critique, l’innovation, l’imagination, l’intelligence, la création ? Et surtout, comment élaborer les synthèses qui permettent de comprendre et d’avancer lorsque notre esprit est englué par mille démarches intellectuelles différentes ? Je me souviens du conseil de l’un de mes maîtres : « Vois, juge, agis ».

Le temps a passé et je réalise aujourd’hui seulement que ces trois attitudes correspondent en réalité aux trois étapes de la vie. Le propre de la jeunesse (les 30 premières années de la vie) est ou devrait être la curiosité, l’observation des choses et du Monde. De 30 à 60 ans, on peut commencer à juger. Mais pour agir sereinement, en toute connaissance de cause et sans trop de risques d’erreur, il faudrait, raisonnablement, attendre la soixantaine. Hélas, nous en sommes loin et, même si les vieux n’ont pas fait beaucoup mieux que lui, la jeunesse de notre nouveau président n’est pas de bon augure.

À mon âge avancé, je commence à peine à comprendre l’humanité, mon biotope, mon environnement, ma planète. Et finalement, les choses ne sont pas très compliquées. La moitié des humains en ont trop, l’autre moitié n’en n’a pas assez et surtout, les humains ont perdu leur humanité. Il y a parmi nous des petits malins qui n’ont d’autres références du bonheur que la richesse. Ils en oublient tout le reste et sont finalement très malheureux ou pour le moins, très insatisfaits. Le drame pour l’humanité c’est que cette logique du bonheur impossible, gangrène la Terre entière.

Avec cet instrument diabolique qu’est la monnaie, ils profitent sauvagement du déséquilibre mondial que d’ailleurs ils amplifient chaque jour en faisant produire par les pauvres ce qu’ils vendent aux riches. La prétendue mondialisation n’est que la généralisation et la globalisation de ce principe. Et, tenez-vous bien, ce principe est en train de supplanter tous les autres. Les usines construites dans les pays pauvres finissent par les enrichir au détriment des anciens riches qui ferment les leurs et deviennent pauvres à leur tour. Il n’est pas nécessaire de parler de complot, sachez simplement que les structures ou les individus détenteurs de ces richesses sont toujours les mêmes (des apatrides en quelque sorte). Ils sont de plus en plus riches (résultat des concentrations industrielles et financières) et, fatalement, de moins en moins nombreux. Cela, rassurez-vous ne pourra plus durer très longtemps.

François Maugis – La Réunion


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