Di sak na pou di

Priorité aux originaires dans la fonction publique

Témoignages.re / 16 août 2012

Témoignage de plusieurs fonctionnaires réunionnais.
Je suis agréablement surpris de pouvoir lire un article de ce genre, il est vrai qu’un grand nombre de fonctionnaires réunionnais de la Police nationale souhaitent rentrer au pays après une expérience métropolitaine. Celle-ci ne peut être qu’avantageuse après avoir travaillé et évolué au sein des populations métropolitaines (cités, banlieues ou encore en province). Nous souhaitons majoritairement rentrer chez nous comme la plupart de nos collègues métropolitains qui n’attendent qu’une chose, la mutation dans leurs régions d’origine afin d’y vivre en famille, construire et devenir propriétaires d’un bien immobilier.
Nous souhaitons nous aussi pouvoir envisager cette possibilité.
La famille, elle comprend bien sûr les parents proches, mais aussi les amis et tous ces éléments qui font notre culture ; quand je dis famille, cela comprend tout ce qui fonde notre identité, tout ce qui fait un Réunionnais aujourd’hui. Cette distance de 10.000 km que nous avons choisi d’effectuer afin d’exercer un métier qui nous tient à cœur nous éloigne de nos proches et de cette famille que nous souhaitons retrouver.
Sans cet environnement, notre identité propre de Réunionnais s’efface avec les années.
Il faut savoir qu’au bout de 5 à 7 années passées en région parisienne, un fonctionnaire de police métropolitain de province peut rentrer tranquillement à la "maison".
Combien de temps faut-il à un fonctionnaire de police réunionnais pour espérer renter à sa "case" ?
Combien de fonctionnaires METROPOLITAINS ont une affectation pour La Réunion avant qu’un fonctionnaire RÉUNIONNAIS puisse avoir sa mutation, « pour la même ancienneté dans l’administration » ?.
Il ne faut pas oublier que pour faire rentrer un policier réunionnais, on doit attendre soit un départ en retraite, soit un renforcement des effectifs locaux.
Si on devait laisser les fonctionnaires de police métropolitains rester à La Réunion, que deviendraient les fonctionnaires de police réunionnais en métropole : c’est à l’exil que l’on nous condamne, non, le mot n’est pas trop fort, la comparaison n’a peut-être pas lieu d’être, mais n’oubliez pas les "ENFANTS DE LA CREUSE".
On est censé apprendre de nos erreurs !
Alors, je veux dire aux élus locaux et aux syndicats : "Oubli pa zot marmailles".
J’ai souvent entendu parler de la fuite des Réunionnais vers l’extérieur, ici c’est loin d’être le cas, il faut savoir que bon nombre d’entre nous attendent avec impatience de rentrer pour travailler à la maison et continuer à évoluer.
Sans vouloir m’étendre sur le sujet, il est sûr que les citoyens locaux préféreront dialoguer sans traduction avec des policiers locaux, qui vivent et comprennent la communauté, la FAMILLE.
Avec beaucoup d’ironie, je vous dis merci pour ceux qui sont toujours en métropole et qui attendent désespérément de rentrer. Je peux comprendre une certaine passivité des pouvoirs politiques, ils ne sont pas à notre place, mais déjà à la maison.
Et pour ce qui va ou pourra être fait, je vous remercie très sincèrement.

Cordialement, on a un ras-le-bol de cette injustice, car il y a des circulaires du 23.07.2010 concernant la priorité aux originaires dans la fonction publique.

Le collectif les Fonctionnaires Ultramarins et GPX 974


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