Di sak na pou di

Puissant ou misérable...

Courrier des lecteurs de Témoignages / 29 juin 2015

Si la Grèce était une banque, elle aurait déjà été sauvée, voilà ce que disent ceux qui soutiennent le combat du Premier ministre grec pour sauver son pays de la ruine. Les salariés, les retraités grecs ont vu leur pouvoir d’achat amputé, ils subissent des mesures drastiques et une poignée de technocrates et de chefs d’État européens s’érige en donneurs de leçon d’austérité.

Madame Lagarde, directrice du FMI, demande avec arrogance « qu’on se réunisse entre adultes » avant de rencontrer Alexis Tsipras, comme s’il n’était pas un interlocuteur valable. Cette dame qui prêche pour l’austérité a sans doute oublié qu’en juillet 2008 alors qu’elle était ministre de l’Économie sous Sarkozy, avait grâce à une sentence arbitrale accordé 405 millions d’euros à Bernard Tapie dans son litige avec Adidas, somme super généreuse payée par les contribuables français à l’homme d’affaires richissime.

À ce moment-là, elle ne se plaignait pas du manque de maturité de Monsieur Tapie et le cadeau royal qui lui était accordé ne souffrait pas d’être qualifié de largesse extravagante. Où est passée sa grande indulgence de l’époque ? Que ne l’éprouve-t’-elle pour le peuple grec ?

Dans un autre registre « puissant ou misérable » un fait divers est marquant. Madame Agnès Saal est une femme d’importance. Il y a peu, elle présidait l’INA, institut de l’audio visuel, et bien qu’ayant voiture de fonction et chauffeur a dépensé d’avril 2014 à avril 2015, 40.000 euros de taxis, oui, vous lisez bien quarante mille euros…dont 6.700 dépensés par son fils, sans vergogne. Avant, cette personne travaillait au centre Pompidou et là, en 7 ans elle aurait fait débourser à la collectivité, c’est-à-dire nous, les pauvres contribuables, 400.000 euros toujours en taxi, oui, quatre cent mille euros…

Cette dame qui aime rouler aux frais de la princesse a « heureusement » retrouvé du boulot au ministère de la Culture, peut-être y fera-t-elle une étude détaillée sur les déplacements en taxi…

Je me souviens avoir lu il y a quelque temps, l’histoire d’une caissière de grande surface qui avait été renvoyée de son travail, car elle avait osé, crime incroyable, utiliser pour elle-même, un bon de réduction du magasin, bon qui devait être inférieur à 10 euros…

La moralité de la fable de la Fontaine, “les animaux malades de la peste" « selon que vous serez puissant ou misérable ; les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » est toujours d’actualité, nous en avons des preuves tous les jours, hélas.

Marylène Berne


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