Di sak na pou di

Qu’est-ce que l’homeostasie socioculturelle ?

Témoignages.re / 16 février 2014

Pour un engagement de la collectivité au renouvellement de l’accueil des bébés.

L’association du qualificatif « socioculturelle » au terme d’homéostasie si elle devait être admise devrait susciter une avalanche de conséquences tant au niveau de notre conception de la santé que de l’éducation, deux valeurs essentielles. L’association de ces deux termes a été avancée par le célèbre Professeur de neurologie et de psychologie Antonio Damasio, dans l’ouvrage : « L’autre moi-même » (2010). En biologie, le terme d’homéostasie renvoie à l’ensemble des paramètres physico-chimiques de l’organisme qui doivent rester relativement constants pour nous maintenir en vie (glycémie, température, taux de sel et d’eau dans le sang, etc.). Si vous avez trop chaud vous allez transpirer pour vous refroidir et si vous avez froid, votre thyroïde va contribuer notamment à vous réchauffer… Une régulation automatisée se déclenche pour vous assurer un certain bien-être physiologique. Si vous avez faim, vous allez vous déplacer pour chercher de la nourriture. Si vous avez sommeil, la nuit (ou la sieste) fera le reste…

Pour Antonio Damasio, l’homéostasie socioculturelle serait venue compléter l’homéostasie biologique en créant et organisant la culture. Comme la culture n’est pas statique, elle se modèle continuellement, dans le bien-être matériel, technologique, livresque, intellectuel, en la création d’œuvre d’art, dans l’émergence des religions, des croyances… Toutes ces créations peuvent se modifier en faisant appel à notre conscience selon le Professeur : « La réflexion consciente peut même mettre en question et moduler l’homéostasie automatisée et opter pour une fourchette homéostatique optimale à un niveau plus élevé que ce que requiert la survie et plus favorable au bien-être ».

Nous militons quant à nous pour promouvoir la santé et l’éducation selon la logique de la recherche de l’homéostasie socioculturelle en s’adressant directement aux acteurs « en première ligne » : les parents. Ceux-ci pourraient être invités à des forums, des groupes de parole, des séminaires, des rencontres – débats… pour échanger sur les besoins des enfants et l’éducation de leur enfant. Toujours, selon Damasio : « Une fois armés de la réflexion consciente, les organismes dont le schéma d’évolution était centré sur la régulation vitale et la tendance à l’équilibre homéostatique ont inventé des formes de consolidation pour ceux qui souffrent, de récompense pour ceux qui aident les souffrants, d’injonctions pour ceux qui font du mal, de normes de comportement pour prévenir le mal et favoriser le bien, un mélange de punition et de prévention, de peine et d’approbation. Comment faire comprendre cette sagesse, la transmettre, l’imposer ou convaincre de sa pertinence ? » p. 355, (2010). En ce qui nous concerne, il n’est pas envisageable d’imposer quoi que ce soit ! Nous faisons appel à l’intelligence des parents tout en suggérant de penser à un accompagnement homéostatique socioculturel des futurs et jeunes parents pour la naissance de leur premier enfant. Ils ne devraient que s’émerveiller de découvrir, au-delà de toute intuition, ce que la nature a sélectionné depuis l’origine de la vie. Prodigieux !

Nous préconisons un engagement de la collectivité à offrir aux jeunes parents, lors de la naissance de leur premier enfant, un droit d’information et d’échange sur l’éveil du bébé et son développement. En s’inspirant de l’accompagnement de la grossesse jusqu’à l’accouchement assuré par les sages femmes, des groupes de jeunes parents seraient assurés dans leur animation par une puéricultrice et un psychologue : un accompagnement homéostasique socioculturel à l’aube du devenir parent.

Frédéric Paulus, Bruno Gavarri, Georges Benne, Jean-Marie de Sigoyer, Marc Poumadère, Chantal Jouvenot, Marie-Claude Galland, Soucé Antoine Pitchaya.
CEVOI (Centre d’Etudes du Vivant de l’Océan Indien), St-Denis.


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