Di sak na pou di

Quand certains DJ « n’en font qu’à leur tête »…

Courrier des lecteurs de Témoignages / 22 juin 2015

La proximité de la Fête de la Musique me donne l’occasion d’exprimer mon sentiment sur l’animation des “fêtes” aujourd’hui par certains Disc Jockeys : je ne parlerai pas de ceux qui animent les boites de nuit ni même les anniversaires réservés pour la plupart à une certaine clientèle et qui exercent une fonction adaptée à celle-ci et le font généralement bien.

Non, je parlerai aujourd’hui de mes expériences en tant que responsable associatif auprès de DJ animant des après midis dansants et autres mariages. Ceux-ci sont composés majoritairement d’adultes voire de personnes âgées de plus de 50 ans et l’ensemble des DJ devraient en tenir tout naturellement compte, or, ce n’est pas toujours le cas, loin sans faut…

Armés pour la plupart de baffles diffusant un son dépassant largement les 100 décibels (seuil limite dégradant l’audition et la santé), ne réglant que rarement la diffusion du son et chapeautés de leurs casques, beaucoup vivent dans leur petit monde ne s’intéressant qu’à ceux de leurs invités – et clients tout de même – qui acceptent de crier et de mettre les bras en l’air à leurs injonctions. Les autres-souvent majoritaires n’existent pas…

Inutile d’aller demander une danse-et encore moins un chanteur que l’on apprécie – tout est déterminé à l’avance comme s’il n’y avait qu’un seul public standard, celui des boites de nuit pour jeunes. Souvent juché sur un perchoir inaccessible, enveloppé d’un bruit assourdissant, très difficile de s’en faire entendre et encore moins d’être entendu et respecté dans nos choix. Serait-il DJ à sourd de par l’intensité des décibels ? Tout à fait possible. En tout cas, il n’écoute que rarement que les désirata des mariés et de leurs familles qui demandent généralement de « faire danser tout le monde » prétendant être un expert-même s’il a rarement une formation – et qu’il « faut lui faire confiance puisque c’est un spécialiste »

Dans sa “bulle”, il ne voit pas que la moitié de sa clientèle s’est enfuie à l’extérieur de la salle pour pouvoir enfin communiquer. Impossible en effet de se faire entendre même autour d’une table circulaire de 10/12 personnes vu l’intensité du son. Certes les tables ne conservent que quelques “vieux” assoupis et ils en concluent un peu rapidement que tout le monde est sur la piste. Or, il m’est arrivé de voir plus de la moitié des invités discutant à l’extérieur pour parvenir à se faire entendre de l’interlocuteur. Est ce celà : faire danser et s’amuser tout le monde. ?

On a ainsi l’impression que certains DJ ont oublié que les plus de 50 ans existaient… Dans le répertoire proposé, on a généralement droit à 2/3 ségas pour faire lever la clientèle à la fin-et parfois au milieu du repas – avant de passer aux choses sérieuses et à « a musique tam tam » et cela jusqu’à 5h du matin.

OUT les magnifiques slows d’été qui ont fait danser amoureusement les générations précédentes et qu’ils aimeraient réentendre, OUT les vraies danses dite rétro : tangos, valses, pasos, cha cha, Charleston… et plus étonnement même les danses à la mode de type sud américaines, type samba, salsa.. et même de danses locales type maloya… « cela casserait l’ambiance » mais surtout limiterait le nombre possible de couples sur la piste. Or comme dans les sondages c’est le nombre qui prouve la réussite d’une soirée, pas la pluralité ni de faire plaisir à tout le monde. Voilà une des raisons essentielles de la désertion des invités à partir d’une heure du matin au point qu’on est obligé de retarder la découpe du gâteau à 2 heures pour éviter que tout le monde ne s’enfuie avant…

Pourquoi ne pas mettre des danses rétros au moins pendant le repas ? Il y a encore quelques années, on avait encore la chance d’en avoir jusqu’à 2 heures du matin et le gâteau, les 3 dernières heures étant réservées à la musique tam tam pour les jeunes. Fini cette belle époque, où on pouvait même quand on ne savait pas danser – admirer les couples qui savaient danser… ou participer à une entrainante polka où tout le monde venait participer…

Autre raison pour laquelle beaucoup de plus de 50 ans désertent – sans parler des vrais amateurs de danse – l’absence quasi totale d’animation, de jeux. Il y a pourtant tellement de jeux collectifs si amusants que la plupart des “spectateurs” sont écroulés de rire… Les participants à ces soirées en gardent généralement un tel souvenir qu’ils en rient des années après…

Voilà comment faire participer et satisfaire l’ensemble de son public. Espérons que les DJ de l’ile sauront tenir compte de ces quelques remarques exprimées en toute amitié pour leur permettre d’être en phase avec l’ensemble de leur public et de leurs clients

Un responsable associatif


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