Di sak na pou di

Quand et comment l’inconscient est devenu clivant ?

Frédéric Paulus / 1er septembre 2017

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Questions cruciales ! Préalablement le terme d’hominisation doit être défini. Il rend compte du processus qui a progressivement transformé une lignée de primates en humains. Cette définition demeure restrictive car elle isole l’être humain de toutes les créations végétales et animales qui ont précédé les grands singes, jusqu’à l’émergence humaine. Les recherches dans le monde du vivant découvrent régulièrement une intelligence qui se serait auto-promue par sélection sans qu’une main céleste ou volontariste n’ait à interférer. L’évolution du monde vivant est prodigieusement inventive.

Concernant l’homme, et la découverte (révolutionnaire !) de l’intelligence de l’inconscient, comment recevoir cette révolution alors que des théories philosophiques ou religieuses nous ont enseigné de voir en lui un trompeur de volonté, un instigateur d’actes manqués et de lapsus producteur aussi de rêves qui dissimuleraient intentions et désirs ? Un vaste chantier s’annonce dans nos esprits celui de nous réapproprier consciemment cette intelligence. La question serait celle de son clivage. Notre début de réponse est le suivant.

Lorsque notre ancêtre, lointain, très lointain, était amené à convoiter un objet ou un être qui attisait son regard, et devait le gagner sur un autre, il pouvait dans un cas extrême s’emparer d’une grosse pierre pour fracasser le crâne de son rival. Petit à petit, avec l’hominisation, ces comportements disparurent au profit d’instincts sociaux qui nous rendirent coopératifs et ensuite solidaires. Nous en conservions pour autant les anciennes structures cérébrales de compétition et de lutte guerrière. La biologie est conservatrice.

Concomitamment ce clivage apparût. Ce fut l’époque où Cro-Magnon et Néandertal se seraient côtoyés et même accouplés pour finalement contribuer à exterminer le plus faible. Depuis les lois sociales ont érigé en structures cérébrales un senseur intériorisé, le Surmoi, supposé nous guider dans nos conduites relayées culturellement par l’émergence de croyances et de religions elles aussi censées endiguer les tendances guerrières de nos ancêtres.

L’inconscient se serait vu assimilé à cette face contenue et qui devient cachée. Refoulée sans que nous ayons consciemment perçu toute l’intelligence qui pouvait l’animer, on la découvre de nos jours avec de nouveaux regards.

Lorsque l’on demande à un enfant de se conformer aux règles de la vie sociale, ne lui imposons-nous pas une acculturation biologique d’une partie de lui-même qui l’aurait conduit à être un guerrier chasseur pour s’alimenter et stabiliser son territoire ? De nos jours, avec nos exigences éducatives de décennies en décennies encore plus exigeantes, ne sommes-nous pas en train de créer de petits génies construits sur des « montures corporelles » qui ignorent la logique structurelle qui les ont façonnés ?

Frédéric Paulus – CEVOI – Sainte-Clotilde


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