Di sak na pou di

Quand l’État terrorise les entrepreneurs

Témoignages.re / 4 août 2009

Comment qualifier autrement que par le mot terreur l’angoisse terrible qui doit étreindre tous les entrepreneurs de France et de Navarre depuis que l’État a décidé de faire rembourser 500 millions d’euros à des bénéficiaires de subventions de 1992 à 2002.
À un moment ou un autre de leur existence, toutes les entreprises bénéficient qui d’une subvention, qui d’une exonération, qui d’une baisse de taux de TVA, qui d’un soutien quelconque de l’État. Ces montants sont affichés dans les comptes prévisionnels de l’entreprise pour lui permettre de naître. Par la suite, ils concourent de façon sûre à équilibrer les comptes et à l’aider à se développer. Ils constituent des éléments sûrs dans les comptes, bien plus que les chiffres d’affaires et les bénéfices espérés, toujours aléatoires.
Mais, en demandant aux agriculteurs bénéficiaires de rembourser les subventions naguères accordées par lui, l’État remet en cause sa caution et sa garantie de façon catastrophique.
Quels sont les "fous" qui vont oser entreprendre en France si tous les soutiens publics sont susceptibles d’être remboursables ? Vous me direz : mais alors, qui va payer ? Je réponds : l’État ! Oui, mais l’État, c’est vous et moi : nous devrons donc payer, nous allons donc payer. Car je trouverais inacceptable que des bénéficiaires de subventions puissent être poursuivis pour les rembourser. Du jamais vu ! Une véritable félonie d’État.
Imagine-t-on que nos planteurs soient un jour sommés de rembourser les diverses aides qu’ils perçoivent ? Imagine-t-on que toutes les entreprises exonérées de tout ou partie de leurs charges sociales soient sommées de les rembourser ?
L’État a déjà fait des dégâts considérables en modifiant en permanence les relations de travail. Ces obscurs hauts fonctionnaires qui agissent dans l’ombre du pouvoir politique sont-ils à ce point ignorants des réalités du terrain pour ne pas savoir que pour entreprendre, il faut avoir un horizon stable à moyen terme. Il est vrai que, eux, ne risquent rien, fussent-ils incompétents, ce qui est patent cette affaire de subventions agricoles.
Quand on embauche un salarié, on a besoin de savoir d’avance comment on pourra s’en séparer si besoin est. Quand on investit dans du matériel, il vaut mieux être sûr que la subvention perçue de façon définitive ne sera pas à rembourser dans quelques années. Faute de quoi, on n’embauche plus, on n’investit plus. Alors, si après cet épisode surréaliste, il y a encore des entrepreneurs pour entreprendre en France, alors chapeau ! Un adage populaire affirme que « donner c’est donner, reprendre c’est voler ». Nous y sommes.

Charles Durand,
Le Brûlé - Saint-Denis


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