Di sak na pou di

Quand la vie ne tient qu’à un « défibril… »

Témoignages.re / 18 novembre 2010

À la rentrée de janvier de cette année, un jeune lycéen s’est écroulé sur le terrain de sport de son école, suite à un accident pendant un match de volley. En l’absence de personnel formé, sans matériel approprié, l’adolescent restera plus de 20 minutes en arrêt cardiaque. Cela a choqué tout le lycée, ses camarades, amis et famille ainsi que le personnel des urgences, pourtant habitué à voir arriver chez eux des patients entre la vie et la mort.
Les médecins ont pronostiqué la mort clinique de cet adolescent de 15 ans, ils étaient désespérés devant la gravité de son état. La détermination et la patience de ses parents ont fait qu’aujourd’hui, le garçon recouvre peu à peu ses capacités sensorielles, motrices et cognitives telles que la vue, la parole, la préhension... il fait même des blagues !

Une semaine après son accident, une autre personne d’une trentaine d’années n’aura eu pas la même chance. Elle décèdera des suites d’un accident cardiaque sur le parking d’une grande surface. Là encore, le constat est édifiant : ignorance de la population et défaut de matériel.

Or, l’État prévoit dans les textes officiels que tout collégien doit bénéficier de la formation aux gestes des premiers secours et que tout établissement public doit posséder un défibrillateur. Alors, pourquoi cette négligence des pouvoirs publics ?

À La Réunion, en 2009, on dénombrait 126 établissements du second degré (collèges et lycées) ; étant donné qu’un équipement coûterait en moyenne 1.000 à 1.500 euros l’unité, le budget prévisionnel serait de l’ordre de 189.000 euros. C’est dérisoire au regard des sommes astronomiques englouties dans des dépenses clientélistes ou médiatiques.

Nous pouvons cependant féliciter l’action qui a été menée à Saint-André (Ville où ce jeune a eu son accident) d’équiper tous les services municipaux de La Ville (Piscines, Gymnases, Mairie, Parc...) en défibrillateurs, et de former ses agents.

Nous pouvons aussi espérer qu’à l’heure où se tient le Salon de l’éducation, de grandes décisions soient prises en faveur de la formation de nos jeunes mais aussi du personnel encadrant pour que plus jamais ce genre de drame n’arrive. Parfois, la vie ne tient qu’à un défibrillateur !

Julie.P et Céline.P


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