Di sak na pou di

Quelle alternative entre l’emploi et la retraite ?

Témoignages.re / 3 octobre 2011

Si les caisses de retraite sont en difficulté compte tenu de l’augmentation du nombre de retraités, ce n’est pas uniquement en reculant la limite d’âge et en augmentant les cotisations que l’on va régler le problème.

Comme les retraites sont payées dans notre pays par les cotisations versées par les travailleurs il faudrait peut être d’abord essayer de donner du travail aux chômeurs et ensuite essayer de gérer les départs à la retraite avec plus de souplesse en laissant travailler ceux qui veulent travailler plus longtemps et en laissant partir ceux qui veulent partir ? 

Il y a de nombreuses solutions qui peuvent être appliquées indépendamment ou être combinées. Je pense notamment à :
1) L’interdiction de licenciement économique à toutes les entreprises qui font des bénéfices. 


2) L’encouragement de l’embauche des jeunes ou des chômeurs de longue durée, grâce à des aides spécifiques qui seraient versées directement ou déduites des impôts lorsque ces embauches durent au moins quatre ans.


3) La modulation de la durée du travail selon la situation de chacun, le temps de travail effectué après la durée légale minimale étant soumise à des cotisations plus élevées. 


4) La modulation des cotisations de sécurité sociale et de retraite selon la situation familiale des travailleurs en appliquant aux cotisations le système de quotient familial appliqué aux impôts ? Cette mesure inciterait au départ à la retraite la plupart des seniors qui s’accrochent à leur emploi sans que cela ne soit justifié par une situation familiale particulière. Par ailleurs, elle inciterait également les jeunes à les faire des enfants et apporterait une solution au problème du vieillissement de la population sans avoir forcément besoin de faire appel à la main d’œuvre étrangère.

5) En ne fixant pas de limite d’âge minimale pour le départ à la retraite mais en laissant partir ceux qui le souhaitent lorsqu’ils auraient travaillé au moins pendant 35 ans s’ils peuvent justifier de toucher une pension dont le montant serait au moins égal à seuil légal supérieur au de pauvreté. 


6) En offrant à ceux qui justifient avoir travaillé au moins pendant 35 ans ( hors bonification ) la possibilité de continuer à travailler mais avec des taux de cotisation plus élevée.


7) En prévoyant que ceux qui ne pourraient justifier des 35 ans de travail mais qui auraient atteint 60 ans, auraient la possibilité de partir à la retraite s’ils peuvent justifier avoir versé un montant de cotisations de retraite qui leur permettrait d’avoir une pension de retraite égale au montant minimal fixé par la loi au moins pendant une quinzaine ou une vingtaine d’années.


8) En instituant un dispositif qui prenne en compte la pénibilité du travail sans passer par des régimes spéciaux de retraite. Tous les salariés devraient être soumis au même régime de retraite, mais ceux qui justifient avoir travaillé dans des conditions pénibles pourraient bénéficier d’un avantage particulier pour leur temps de travail dans ces conditions. Cet avantage pourrait être des annuités supplémentaires ou une sur côte qui permettraient d’avoir une pension plus élevée sans toutefois que le montant de la pension soit supérieur à la moyenne des 6 ou 12 derniers salaires perçus par les intéressés après application du dispositif. 


9) En fixant une limite d’âge maximale pour le départ à la retraite, mais en prévoyant que ceux qui atteindraient cette limite d’ âge sans pouvoir avoir une pension au moins égale au seuil légal visé plus haut au point 5 verraient leur retraite complétée par l’aide sociale. Cet âge pourrait être fixé à 70 ou 72 ans sans possibilité de dérogation. 


10) En favorisant l’ouverture de maisons de retraite qui offriraient aux retraités de bonnes conditions d’existence et qui inciteraient à partir à la retraite tous ceux qui pourraient partir mais continuent de travailler parce qu’ils ont peur de se retrouver seuls chez eux. Cette mesure permettrait en outre la création des nombreux emplois. 


Ces propositions qui concernent essentiellement les travailleurs ne sont pas exhaustives, mais peuvent être complétées par des mesures concernant le patronat. En effet, les patrons pourraient faire un effort supplémentaire, en versant une partie des bénéfices de leurs entreprises dans des fonds de pension constitués pour leurs salariés, soit par entreprise lorsqu’il s’agit de très grosses entreprises, soit par branche d’activité.


Enfin, on pourrait également instituer une cotisation de retraite sur tous les revenus qui ne sont pas produits par le travail. Les conditions de vie à la retraite relevant également de la solidarité collective de tous les membres de la société, on pourrait prélever également une cotisation sur les revenus de la spéculation boursière, des jeux de hasard tels que la loterie ou autres, des plus values réalisées sur les transactions immobilières ou sur la vente de valeur mobilière ou d’objets d’art. Etcetera.... 

Travailler plus pour gagner plus, certainement, mais pour que cela ne tourne pas à la folie il faudrait aussi pouvoir s’arrêter de travailler quand on a gagné suffisamment pour vivre décemment et exercer son devoir de charité et de solidarité envers son prochain qu’il soit à proximité ou à l’autre bout du monde. « Quel profit peut avoir l’homme à gagner l’univers au détriment de son âme nous disent Saint-Marc 8 v 36 et Saint-Luc 9v 25 » .
C’est sans doute dans l’équilibre entre ces deux postulats que l’on pourra concilier la nécessité de donner du travail à ceux qui le demandent et de laisser partir ceux qui le souhaitent lorsqu’ils ont travaillé un certain temps. Certes dans le contexte de mondialisme sauvage actuel ce ne sera pas facile mais si on se donne les moyens ce n’est pas impossible.

Joseph Luçay Maillot


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