Di sak na pou di

Quelle crédibilité accordée à M. Magamootoo ?

Témoignages.re / 23 février 2010

Dans un entretien paru en novembre 2009 — notamment dans un numéro de “Ma Région et moi” —, le président de la CCIR se déclare favorable au tram-train et donne ses raisons. Entrant en campagne électorale, il déclare être opposé au projet.
Dans un premier temps, il argue du fait que le gouvernement n’assurant pas la totalité des financements, la réalisation du tram-train devient impossible. Il va plus loin encore. Il dit que le budget national devant être de plus en plus contraint, Paris ne pourrait pas faire un effort supplémentaire. Mais cette situation était déjà connue en novembre et le président de la CCIR n’en faisait pas état dans son entretien. En se montrant aussi fataliste, M. Magamootoo donnait de lui l’image d’un responsable n’osant pas se battre contre Paris pour défendre les intérêts réunionnais. Il se présentait sous les traits d’un responsable prêt à capituler devant le premier argument venu. C’est ce discours qu’il a tenu à Mme Penchard lors d’un rendu sur le CIOM à la CCIR.
Depuis, il a modifié sa ligne d’attaque. C’est le principe même du projet que M. Magamootoo met désormais en cause. Et, là aussi, il va plus loin en déclarant que le chantier ne profitera qu’à trois grosses sociétés métropolitaines. Mais ce fait était connu en novembre et le président de la CCIR ne l’a pas évoqué.
M. Magamootoo milite pour « le changement ». C’est le titre de sa liste. Il anticipe et donne l’exemple en changeant son discours sur le tram-train. Cela irait mieux s’il s’expliquait en disant pourquoi il était « pour » en novembre et « contre » maintenant. Il ne peut pas se contenter de son seul actuel argumentaire. C’est toute sa crédibilité qu’il joue. Car, au final, c’est l’intégralité de ses prises de position sur tous les thèmes qui est sujette à caution. Lorsqu’il dit aujourd’hui que la Région n’a pas aidé les entreprises, il ne le prouve pas. Mais en tant que président de la CCIR, il avait la possibilité de le dire, de le faire savoir et d’avancer des propositions. Ne l’ayant pas fait, est-il, moralement, le mieux placé pour critiquer aujourd’hui ? Le changement, est-ce de l’opportunisme ?

Pierre Adolphe, Cilaos


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