Di sak na pou di

Quelle politique pour une société plus humaine ?

Courrier des lecteurs de Témoignages / 26 août 2016

Aux absurdes politiques de l’offre ou de la demande, j’opposerais la politique de l’humain. Pourquoi ? Tout simplement parce que, que vous le vouliez ou non, cette politique relève d’une attitude agressive, de l’exploitation de l’homme par l’homme, une politique qui ne veut pas dire son nom. Aurions-nous perdu totalement ce brin d’humanité qui permet l’harmonie du vivre ensemble ? Aurions-nous oublié qui nous sommes vraiment ? Considérer son alter ego comme un simple consommateur relève d’une attitude de prédateur. D’un autre côté, considérer son alter égo comme un simple producteur qui doit satisfaire tous nos caprices, relève d’une dangereuse immaturité. Cette limitation de l’humain nous a tous transformé en machines, en objets, en êtres déshumanisés. Comment s’étonner alors du mal-être de nos sociétés modernes ? Comment ne pas comprendre que nous sommes autre chose ? Nous nous extasions chaque jour devant le miracle, la beauté, la diversité, la richesse de la nature et nous nous réduisons nous-mêmes à une sorte de zombie, une marionnette très peu humaine.

Ils sont des milliers à chercher à sortir de ce piège : la monnaie locale, le commerce équitable, les organisations non gouvernementales, l’économie solidaire, la « permanent culture » de nos amis anglo-saxons, « Jugaad » de nos amis Indiens, etc. On peut espérer que toutes ces démarches aboutissent un jour à un monde un peu plus humain, mais on peut déplorer leur relative faiblesse et le peu d’influence qu’elles ont auprès des véritables décideurs de la planète. Devant les malheurs qui nous assaillent tous, on peut s’étonner de la difficulté et de la lenteur avec laquelle s’opère l’indispensable prise de conscience universelle qui nous permettrait d’avance vers une société plus humaine.

François Maugis


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