Di sak na pou di

Rectorat de La Réunion : un sanctuaire préservé

Témoignages.re / 3 novembre 2015

Suite à l’annonce du recteur favorable à la nomination d’un Réunionnais au poste de secrétaire général de l’académie dans la presse locale, nous nous étonnons de voir encore une fois qu’un métropolitain est préféré à ce poste.

Ce monsieur est en poste en Guyane en tant que secrétaire général, ce qui implique que nous tolérons plus de chasseurs de primes sur notre territoire ; nous constatons également que le Daasen (Directeurs académiques adjoints des services) nommé il y a 2 ans arrive aussi de la Guyane ; doit-on conclure que l’académie de La Réunion est gérée par un réseau de Copains avec la complicité du ministère de l’Education Nationale.

Pour mémoire, il y avait 8 postulants dont 4 ou 5 Réunionnais. Certains de ces postulants n’ont pas été auditionnés. On s’interroge sur la capacité des Réunionnais à occuper des postes à responsabilité à compétence égale. Doit-on comprendre que nous ne sommes pas éligibles à ces postes et qu’être Réunionnais ne rime pas avec responsabilité au sein de l’État français. Serait-ce trop demander à l’Etat français de stopper cette politique culturelle d’un « génocide silencieux » ? Pouvez vous Mesdames et Messieurs les parlementaires réunionnais, nos intellectuels, expliquer aux Réunionnais les intentions de l’Etat français à La Réunion. Quand, allons nous aborder la question politique de la permutation de la population réunionnaise, ces milliers de Réunionnais de 18-30 ans (mobilité) qui partent en France ; l’Etat creuse-t-il un déficit démographique à La Réunion ? De quel virus de la peur souffre le peuple réunionnais pour laisser un réseau de vagabonds à manche longues imposer une ségrégation à La Réunion.

Les écrits de Franz Fanon sont une vérité pour comprendre le laxiste de nos élus : « Chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir » Et pendant que les voix s’élèvent à La Réunion pour prendre position en faveur de nos élites, notre jeunesse hautement diplômée s’enfonce dans la précarité sociale et le sentiment d’être une génération sacrifiée.

Pendant que les syndicats, les acteurs culturels et associatifs se mobilisent pour quelques-uns de nos élites, la monstruosité de la mobilité organise la fuite de nos cerveaux. Pour mémoire, La France a réduit nos ancêtres en esclavage jusqu’en 1848, elle a colonisée administrativement notre ile jusqu’en 1946. Apres nous avoir traité comme des bestiaux, aujourd’hui La France méprise nos élites, pas de compétence, aucun savoir faire et savoir être. Face à la mascarade sur l’égalité réelle du parti socialisme, il est grand temps d’arrêter de prendre le peuple Réunionnais pour des indigènes de la république française. La Réunion, les enfants Réunionnais méritent du respect, et il est temps que nous imposions cette règle, et il est temps de dire non, car la « dictature culturelle » est une maladie inguérissable, il faut la combattre sans relâche. Ce système de domination dans la fonction publique, à des postes à responsabilité, où le réunionnais brille par son absence, confirme que le Réunionnais n’est plus légitime dans la république et que la république n’est plus légitime pour le Réunionnais. Nous sommes au XXIe siècle et ce genre de comportement d’un gouvernement, d’envoyer un fonctionnaire à La Réunion, à 1 an de l’âge légal du départ en retraite ; c’est tout simplement reproduire des privilèges coloniaux. Il faut que cela cesse, il n’y a pas d’autre choix que cela cesse.

Le responsable du CRAN
Erick Murin


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