Di sak na pou di

Réforme de la formation des enseignants : « un projet inacceptable »

Témoignages.re / 1er décembre 2009

Voici une lettre des étudiants, stagiaires et personnels IATOSS et enseignants de l’IUFM de La Réunion adressée aux Ministres de l’Education nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ainsi qu’au Recteur de l’Académie de La Réunion concernant la réforme de la formation des ensei-gnants.

« Sous couvert d’élévation du niveau d’étude des enseignants en France et d’harmonisation européenne au système LMD, la réforme de la formation des enseignants que vous voulez mettre en œuvre n’aura que des effets négatifs.

D’une part, alors que les étudiants sortaient de l’IUFM à Bac +5, avec traitement en dernière année, les futurs enseignants ne pourront plus bénéficier de ce salaire. Votre réforme qui instaure l’allongement des études, aux frais des étudiants et de leur famille, va grandement pénaliser les étudiants les plus modestes, nombreux à La Réunion. Ainsi, les étudiants réunionnais auront-ils encore davantage de difficultés pour accéder au métier d’enseignant de l’Education nationale.

D’autre part, sous couvert d’acquisition du titre universitaire de Master, votre réforme portera gravement atteinte à leur formation d’enseignant. Toutes les projections que l’on peut mener dans le cadre de votre réforme conduisent inéluctablement à une réduction drastique de la dimension professionnelle de leur cursus : réduite à néant en M1, elle diminue gravement en M2 : les stages professionnels passeraient de plus de 400 heures obligatoires à 108 heures optionnelles ; de plus, elle serait noyée au milieu de la diversité des parcours en M2. Pour l’étudiant, il est clair que ce sera : soit la préparation des épreuves, soit la prise en charge effective des élèves.

Ce système conduira, en toute logique, à placer les préparations des concours hors des cursus de l’Université publique et provoquera, de fait, la privatisation de l’accès aux concours de l’enseignement en France.

Sous prétexte d’élever le niveau universitaire, votre réforme va de plus entraîner une explosion du nombre de “reçus-collés”, diplômés d’universités sans postes et mis en concurrence sur un « marché européen de l’éducation » avec la massification inéluctable d’emplois de vacataires, contractuels et autres précaires que l’Education nationale recrutera pour combler à bas prix les postes que vous continuez à supprimer aux concours des 1er et 2snd degrés.

La professionnalisation, opérante dans les IUFM, est l’axe fondamental de la formation des enseignants. En la niant, votre réforme constitue un retour de 20 ans en arrière, aussi refusons-nous de participer à sa mise en œuvre.

Votre projet est inacceptable : Retirez-le ! »



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  • Le Conseil d’école, après avoir pris connaissance des projets liés à la formation des futurs enseignants, considère que la réforme annoncée par les Ministères, si elle était appliquée en l’état, conduirait à un appauvrissement considérable des dimensions didactique et pédagogique liées au métier d’enseignant. Les effets seraient particulièrement néfastes pour les élèves à qui la Nation doit un enseignement de qualité.

    Le Conseil d’école soutient les groupes de travail académiques composés de membres des Universités d’Orléans – parmi lesquels figurent des enseignants de l’IUFM - et de Tours. Il souhaite que leurs travaux sur la masterisation se poursuivent dans la perspective d’une formation permettant aux futurs enseignants de remplir réellement leurs missions au sein de l’Éducation Nationale.

    L’application de la réforme envisagée aboutirait à la suppression du maillage cohérent et adapté du territoire, qui existe actuellement en matière de formation des maîtres au sein des Académies.

    * Les représentants du Recteur, membres du Conseil, n’ont pas pris part au vote.

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