Di sak na pou di

Réforme…ou révolution ?

Georges Benne / 21 avril 2017

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« J’ai envie de dire (…) oui, révolution (…). La question avait été posée par François Mitterrand à la tribune du Congrès unitaire de la SFIO, le 13 juin 1971. « Violente ou pacifique, avait-il tenu à préciser, la révolution c’est d’abord une rupture. Celui qui n’accepte pas la rupture (…) avec l’ordre établi, (…), avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste. »

Un demi-siècle a passé et le système politique et économique qu’il dénonçait a pris une telle ampleur qu’il triomphe partout sur toute la planète. Au point d’ « engluer » les esprits et de mettre en péril l’avenir même de l’humanité - la mondialisation, n’étant en réalité que la mondialisation financière et commerciale, dont chacun découvre avec stupeur les effets désastreux. Car enfin, comment expliquer qu’en 2017, il y a en France quelque neuf millions de pauvres et plus de six millions de chômeurs, et que sur cette terre un habitant sur sept est menacé de mourir de faim ? Le tout récent rapport d’Amnesty International jette un nouveau cri d’alarme sur la situation réelle du monde, dans laquelle se débat des populations entières décimées par les guerres, condamnées à la famine, subissant la tyrannie des despotes qui sévissent dans leur pays - avec souvent le soutien et la complicité des puissants de ce monde, à l’exode, victimes des atteintes aux droits de l’homme, des attentats, de la pollution… Après la catastrophe du tsunami à Fukushima, l’espace autour de la centrale nucléaire est devenu invivable sur des kilomètres et des kilomètres, et cela pour un temps infini. Selon les experts, il faudrait au minimum plus de vingt-cinq années pour nettoyer la centrale et l’on ne sait toujours pas comment se débarrasser des déchets !

Dans son discours d’Épinay, François Mitterrand avait bien cerné la cause profonde du mal : « Le véritable ennemi, s’’était-il écrié, j’allai dire le seul, parce que tout passe par chez lui, le véritable ennemi - si l’on est bien sur le terrain de la rupture initiale des structures économiques, - c’est celui qui tient les clefs… c’est celui qui est installé sur ce terrain là, c’est celui qu’il faut déloger… c’est le Monopole ! terme extensif… pour signifier toutes les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ! (…) et quand je regarde ce que recouvre le mot (monopole), je pense que tout part de là, car le reste, ceux qui gouvernent en politique, ce ne sont que les exécutants de ces monopoles. »

Il avait même indiqué la marche à suivre : « Il n’y a pas de parti politique qui ne repose sur une explication économique d’abord ; un parti obtient le pouvoir, ensuite il gouverne pour tous les Français, mais il exprime une vérité première : l’affirmation de la justice rendue aux millions d’exploités, d’aliénés, de frustrés, d’opprimés ! ».

A la veille des élections présidentielles, au moment où la crise continue de s’abattre sur le pays, il n’y a pas d’autre solution pour en sortir que celle préconisée par François Mitterrand, et qu’il n’a pu lui-même mettre en œuvre : la révolution citoyenne qu’il appelait de ses vœux !

Georges Benne


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