Di sak na pou di

Refuser la misère : un acte d’insoumission

Témoignages.re / 29 octobre 2011

17 octobre, Journée mondiale du refus de la Misère. Il faut en parler. La misère n’est pas une fatalité. Les pauvres ne doivent pas être mis à l’écart. Les pauvres ne doivent pas être mis à l’index. Il ne faut pas les stigmatiser. Il ne faut pas les culpabiliser. « La misère existe parce que la société accepte qu’elle existe », disait le Père Joseph Rézinski, le créateur du mouvement ATD-Quart Monde. « La misère est l’œuvre des hommes, seuls les hommes pourront la détruire », disait-il aussi. Né dans la misère, il l’a vécue de ses tripes. Quand on souffre, il faut se protéger. Cette Journée de refus de la Misère devrait être une journée d’indignation, d’insoumission, d’insoumission à la fatalité, car la misère n’est pas une fatalité. Il faut la refuser. Il faut vivre avec les autres. Avec dignité. La dignité est un enjeu politique. Il faut arrêter de dire que les pauvres sont des assistés, des tricheurs, des fraudeurs. Ça fait mal. Il faut faire preuve de délicatesse envers les pauvres. C’est humiliant de toujours dépendre des autres, que ce soit les services sociaux ou les bien-pensants de bienfaiteurs. Un enfant, un vieux, dans la misère, ce sont des êtres martyrisés. Ça met à mal aussi les valeurs centrales de la démocratie. Halte à la charité ! Halte à la charité organisée !
Halte à la charité-business qui fait vivre les pauvres sous perfusion d’assistance, d’aides sociales, comme des drogués. Car, quand on débranche la perfusion, bonjour les dégâts ! Alors, méfions-nous de la charité. On peut sortir de la misère. Ça prend du temps, mais on en sort... si on veut. Il faut cesser de se donner bonne conscience. Il faut cesser de faire l’autruche, car faire l’autruche n’est pas courageux. La volonté politique est là importante. Il faut un sursaut civique et les politiques suivront les citoyens. Victor Hugo disait : « On ne peut pas supprimer la souffrance, mais on peut réduire la misère ». Ensemble, réduisons-la ! Tous ensemble, nous pouvons y parvenir. Il n’y a que les petites misères qui nous résisteront. Et les misères des repus, misères misérables...

Marc Kichenapanaidou


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