Di sak na pou di

Remaniement : le ministère de l‘Écologie déclassé

Témoignages.re / 18 novembre 2010

L’ambition d’un grand ministère du Développement durable voulu en 2007 par Nicolas Sarkozy semble aujourd’hui définitivement abandonnée. Trois ans après le Grenelle de l’environnement et son bilan étriqué, le remaniement ministériel du week-end, illustre cette réorientation politique du nouveau gouvernement en faveur de l’économie de marché et au détriment de l’écologie. François Fillon qui avait torpillé la taxe carbone, détricote le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer de Jean-Louis Borloo. Nathalie Kosciusko-Morizet qui succède à ce dernier, perd non seulement le titre de ministre d’État mais elle hérite aussi d’un ministère amputé. En effet, le secteur essentiel de l’Énergie est transféré à l’Industrie, la Mer n’est plus mentionnée dans les attributions de la nouvelle ministre et la nomination de Thierry Mariani, plutôt partisan du tout routier, comme secrétaire d’État aux Transports, n’annonce rien de bon.
Quelles que soient les qualités de la nouvelle ministre, il lui sera difficile dans de telles conditions, de faire prospérer les idées les plus innovantes apparues lors des débats du Grenelle.
Les choix qui ont présidé à la formation du nouveau gouvernement sont clairs, le développement durable relèvera désormais plus de la communication que de choix politiques audacieux.

Jean-Pierre Marchau
Porte-parole de KER/Europe Écologie


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