Di sak na pou di

Rencontre improbable avec l’histoire

Courrier des lecteurs de Témoignages / 2 mai 2017

Ces choses dont on parle peu et qui pourtant expliquent tout

JPEG - 17.3 ko

Il n’y a pas très longtemps j’ai rencontré sur une plage déserte de La Réunion, un homme en déshérence, un habitant de l’Océan Indien, un voisin en quelque sorte.

Ce Singhalais passionné et amoureux de son pays m’a raconté la véritable histoire de l’ile de Ceylan (l’actuel Sri Lanka). Et cela répondait enfin à une question que je me posais depuis plus de 50 ans : Pourquoi les Tamouls et les Singhalais ne s’entendent pas ?

Les livres d’histoire nous racontent mille choses. Est-ce la vérité ou pas, je ne sais. Mais, entendre d’un homme ce qu’il a sur le cœur est autrement plus lumineux, plus clair et plus évident que toutes les exégèses littéraires ou scientifiques. Pour lui, les choses sont simples. Les Singhalais, peuple très fier, en veulent à mort aux Tamouls, d’avoir accepté de travailler dans les plantations de thé pour le colonisateur britannique. En réalité, le colonisateur avait d’abord souhaité faire travailler les habitants de l’ile (les Singhalais) qui par fierté ont toujours refusé. C’est la raison pour laquelle les Britanniques seraient allés chercher une population plus docile dans un territoire voisin : les Tamouls.

Il faut beaucoup chercher dans les livres d’histoire pour retrouver une trace de ces évènements et surtout de leurs causes profondes. Tout ce qu’on nous dit c’est que « les Britanniques ont favorisé l’émigration tamoule dans le centre et le sud de l’île pour travailler dans les plantations ». Il s’agit là du point de vue un tout petit peu arrangé, du colonisateur. L’historien aurait été plus inspiré en nous disant la vérité.

Je crains qu’à La Réunion, il en soit de même. La vérité est bien cachée. Et pour connaître ce que les Réunionnais ont sur le cœur, il ne faut pas se contenter de l’histoire officielle.

François Maugis
La Réunion


Kanalreunion.com