Di sak na pou di

Réponse à la secrétaire générale adjointe de l’UFR

Témoignages.re / 7 novembre 2013

Madame,

En tant que jeune militante féministe et présidente d’une association récente regroupant des femmes, de différentes cultures, de différents milieux sociaux dont le seul objectif est de participer à la vie sociale de la famille en général et de la femme réunionnaise en particulier en mettant à contribution nos compétences et nos expériences, je n’ai pas pu rester insensible au mauvais procès que vous avez fait à l’encontre de la présidente du Conseil général dans la presse.

A priori, vous êtes la seule réunionnaise à ignorer l’engagement de Nassimah Dindar d’abord en tant que féministe engagée et ensuite depuis 2004 où elle est devenue présidente du Conseil général.

Au moment où les valeurs se perdent, nous sommes tous d’accord pour dire que la jeune génération a un besoin crucial de modèles.

Pour ma part, l’envie de m’engager, l’envie d’être utile, l’envie d’apporter ma petite pierre à l’édifice pour participer à la construction d’un monde meilleur vient de mon histoire personnelle, et ensuite du fait d’avoir eu la chance de voir à l’œuvre des modèles tels que Thérèse Baillif, Nassimah Dindar…

Ne vous déplaise, la cause des femmes est un cheval de bataille de Nassimah Dindar.

Eh oui Madame, depuis son élection en 2004, la présidente du Conseil général a fait de ce combat une de ses priorités alors que la loi ne lui impose nullement. Chaque année, la collectivité qu’elle préside, consacre ainsi 5 millions d’euros à la lutte contre les violences faites aux femmes, pour ne citer que ce sujet sans avoir besoin de le clamer sur tous les toits ni sur tous les blogs ou médias.

Ayant commencé son militantisme au sein d’associations de femmes, aux côtés de personnalités reconnues, son engagement politique n’a été que le prolongement de ce militantisme associatif, et c’est pourquoi au sein du Conseil général, elle œuvre tous les jours pour l’amélioration des conditions de vie des femmes : la lutte contre les violences, dont je parlais, mais aussi un plan ambitieux pour augmenter l’offre de places de crèches ou en assistantes maternelles, l’augmentation des aides pour leur permettre de poursuivre des études via les bourses départementales, ou encore des dispositifs et des conventions spécifiques pour les aider à créer des entreprises.

D’autant moins, madame la Secrétaire générale de l’UFR, vous avez certainement remarqué qu’elle était parmi les seuls quatre élus présents aux Assises présidées par M. Chérèque, aucun élu de la mairie de Saint-Paul n’était présent. Vous avez dû vous sentir bien seule !!!

En effet, comme la présidente Dindar l’a dit, le combat de l’UFR est rétrograde.

Car si l’UFR fut un mouvement avant-gardiste, il est resté sur des paradigmes qui n’ont jamais évolué et sont maintenant totalement déconnectés de la réalité. De mouvement initialement féministe, l’UFR s’est peu à peu transformée en mouvement uniquement politique, voire politicien, et la manière dont vous abordez les réels problèmes que rencontrent les femmes est toujours empreinte de ce biais politicien.

Je n’en prendrai qu’un seul exemple, illustrant parfaitement ce point de vue. Votre présidente a toujours soutenu l’élaboration d’une loi-cadre sur les violences intrafamiliales, et elle a à juste titre harangué le gouvernement à ce sujet quand elle était députée de l’opposition. Il y a un an, le 24 novembre 2012, vous faisiez une conférence de presse critiquant les marches blanches organisées par le CEVIF dont je suis la vice-présidente et annonçant, aux côtés d’une députée socialiste, la rédaction prochaine de cette loi-cadre. Depuis, qu’y a-t-il eu de changé, alors que vous êtes en capacité de faire ?

Comment alors ne pas légitimement penser qu’il ne s’agit que d’une posture politicienne, animée d’aucune réelle volonté ?

Pendant ce temps, loin des grands discours, le Conseil général a notamment financé entre autres deux nouveaux postes d’assistantes sociales dans les commissariats et gendarmeries et mis en place, avec le CEVIF, un réseau d’agents de cohésion familiale qui interviennent dans les collèges.

Je vous invite donc, madame, plutôt que de faire partager les propos de madame Dindar à l’ensemble des Réunionnais, à partager votre propre bilan !!!

Mais sans doute cela sera-t-il trop court pour justifier d’un courrier de lecteurs…

 Faouzia Vitry
Présidente de l’ACMM
 


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