Di sak na pou di

Retraites : on sait pour qui ne pas voter !

Témoignages.re / 18 novembre 2010

Sur cette question du financement des retraites, deux logiques s’affrontent.
• D’un côté les néolibéraux : tous ceux qui proposent l’allongement du temps de cotisation, comme l’aile droite du Parti socialiste et des Verts : Vals, Strauss-Kahn, Hollande, Cohn Bendit… et tous ceux qui ont voté pour le recul de l’âge de départ à la retraite jusqu’à 67 ans pour les femmes : (la droite, les amis de Bayrou… et à La Réunion : J.P Virapoullé, René Paul Victoria, Didier Robert & co…).
Dans cette conception : la société n’a pas à garantir un niveau de retraite par rapport au salaire. Chacun est responsable de son propre sort ! Seule une part réservée aux plus pauvres, serait maintenue, sorte de CMU des retraites. De plus, pour ne pas travailler jusqu’au bord du cercueil, cette conception nous pousse à souscrire des compléments de retraite au fur à mesure que nos droits sont rognés par de pseudos réformes… D’ailleurs, dans un article du “Quotidien”, la présidente du MEDEF de La Réunion vend la mèche. Elle verrait bien un système mixte je cite : « un socle basé comme aujourd’hui sur la solidarité, et un deuxième système facultatif, où les gens assureraient eux-mêmes leur retraite pour ceux qui le veulent… et qui le peuvent, car ce qui existe est très cher ».
Madame ! Et les autres, ceux qui ne peuvent pas ?
Selon vous, que restera-t-il aux travailleurs pour se constituer individuellement une retraite digne, avec des salaires de 900 euros par mois ? Comment pourront-ils souscrire des compléments de retraite et de santé dans une économie où les entreprises cotées en bourse distribuent 75% de leur bénéfice à leurs actionnaires, et une misère aux salariés ?
Pour les « amis du MEDEF » : « Hors de question d’augmenter les cotisations » : tabou ! Car selon eux « cela entraverait l‘activité économique » : pourtant, l’économiste B. Friot démontre le contraire dans son livre : “l’Enjeu des retraites” (voir site FNAC) !

• À l’inverse des néolibéraux, l’autre conception (la vraie gauche) propose de répartir la dépense des retraites sur l’ensemble de la société. Au nom de quoi, faudrait-il qu’un problème démographique qui concerne l’ensemble de la population, devrait pénaliser une seule catégorie sociale, (qui vit moins longtemps) tandis que les gains de productivités seraient captés par les « amis du MEDEF », les dividendes des actionnaires, les stock options, et autres parachutes dorés etc.?
Selon les chiffres du premier COR (Conseil d’orientation des retraites), « il faudrait 6,5 points du produit national pour maintenir la retraite à 60 ans pour tous en 2040, avec des pensions à 75% et à 100% pour les plus pauvres. Pour cela, une augmentation de quinze points du taux de cotisation, lissée sur 40 ans serait nécessaire. Soit une augmentation annuelle de 0,37 point par an des cotisations patronales et salariales ». Ce n’est certainement pas cela qui va ruiner l’économie, même avec une croissance faible de 1,7/an.
De plus, en instituant une CSG sur les revenus du capital au même niveau que sur les revenus du travail, c’est 9 à 11.5 milliards qui tomberaient dans les caisses de retraite chaque année, (selon la Cour des comptes). Cette mesure baisserait d’autant le taux de cotisation patronale et salariale. Ainsi, la charge des retraites deviendrait dérisoire par rapport à l’évolution du produit national et les gains de productivité seraient mieux partagés… Alors où est le problème ?
Cette conception propose donc une réforme juste, efficace, qui conforte notre système par répartition. Elle est soutenue par des universitaires économistes de haut niveau, qui sont en train de s’organiser, la Fondation Copernic, ATTAC, l’aile gauche des Verts, et du PS, le Front de gauche (PCF, la gauche les alternatifs) le NPA le PCR, Huguette Bello, Mélenchon, Besancenot etc. Reste à organiser l’union de toutes ces forces sociales humanistes et féministes : bref ! Tous ceux que les médias de l’empire tentent de présenter comme irresponsables, ringards, et autres noms d’oiseaux.
Mais, si Sarko, Fillon et compagnie, pensent avoir gagné ; ils doivent savoir que la bataille des retraites n’est pas terminée ! Tout le monde a compris dans les luttes de ces jours derniers, qu’en fait de réforme il s’agit d’un piège à C… pour nous contraindre à souscrire des compléments de retraite auprès des banques et des assurances… et enrichir les financiers qui détiennent des actions dans ces secteurs. Heureusement nous savons maintenant pour qui ne pas voter et comment bloquer le pays s’il le faut ! Et avec qui.

Didier Le Strat


Kanalreunion.com