Di sak na pou di

Retrouver le sens du carême

Di sak na pou di

Témoignages.re / 20 mars 2014

Certains profiteront de ce temps d’abstinence et de privation prescrit par l’Eglise pour se refaire une santé en suivant par exemple une cure. Mais qui aura l’idée d’écouter encore le prophète Esaïe ou Isaïe sur « le jeûne qui plaît à Dieu » ?

« Vous croyez que c’est un jeûne qui me plaît, celui de l’homme qui courbe l’échine, qui se plie en deux, qui s’allonge sur le sol comme une litière ? Incliner la tête comme un roseau, se coucher sous les coups du destin, c’est ce que tu appelles un jeûne, un jour faste pour la Parole ? Allons donc ! Le jeûne qui me plaît, je vais te le dire : casser les chaînes injustes, détacher tout ce qui est enchaîné, renvoyer libres les opprimés, briser toutes les servitudes, partager ton pain avec l’affamé, héberger les pauvres sans abri, vêtir celui que tu vois nu, et ne pas te dérober devant ta propre chair. Alors,ta blessure sera vite cicatrisée, ta Justice marchera devant, et ma gloire derrière. Alors si tu cries, la Parole répondra à tes appels ; elle dira : Je suis là. »

A ce cri venu de si loin, plus de sept siècles avant J-C, comment ne pas ajouter celui du père Jean Cardonnel, venu prêcher le carême en mars 1968 à la Mutualité à l’invitation du directeur de ’’Témoignage chrétien’’ Georges Montaron et qui donne au carême tout son relief et toute son actualité :
« Tant que notre monde reste ce qu’il est, une mosaïque de clans, de tribus, fragmentés à l’infini, unis par le culte d’intérêts qui s’opposent nécessairement, la Justice ne marchera pas en avant de nous et la Gloire du Verbe créateur ne nous accompagnera pas. Notre prière n’en sera jamais une parce que prier suppose la volonté qui est grâce de transformer le monde de fond en comble. C’est le seul bruit des chaînes brisées qui parvient aux oreilles du Créateur. Si je conserve le monde en son état, j’ai beau crier, Dieu est sourd.
Je pourrais égrener tous les chapelets de toutes les confréries, mes doigts s’useront et se décomposeront avant que la Parole ait répondu : « Je suis là. »

 Georges Benne 


Kanalreunion.com