Di sak na pou di

Saint-André, au bord de l’asphyxie circulatoire !

Paul Dennemont / 2 mai 2016

Ce n’était pas le grand festival de l’humour, mais ce sketch, un test de culture générale, joué par des jeunes de Saint-André, auquel j’avais assisté sur la place de la mairie, il y a de cela… quelques années, m’est resté en mémoire. Et je me souviens plus particulièrement d’une des questions posées par l’examinateur : « Quelle est la principale activité industrielle de Saint-André » ? Et le candidat de répondre d’un ton sérieux : « Batay coq, m’sieu ! », devant un public plié de rire. A cette même question, si elle était posée aujourd’hui, je me dis que la réponse serait certainement : « Bouchons, m’sieu » !

Chacun aura compris qu’il ne s’agit aucunement de ces petits chaussons à la viande qui font partie de notre patrimoine culinaire, et qui ont été le mois dernier, au centre d’une polémique ridicule, mais de ces embouteillages récurrents et insupportables auxquels les automobilistes que nous sommes sont quotidiennement confrontés et qui « infestent », chaque jour un peu plus, la ville de Saint-André, où se pose un autre problème majeur, celui du stationnement. Mais tout cela n’a rien de bien étonnant.

En effet, en se basant sur les dernières informations chiffrant à plus de 400 000 véhicules particuliers composant le parc automobile de la Réunion, et son rythme de croissance de plus de 20 000 autos par an (22 297 en 2015), l’on peut raisonnablement penser que Saint-André dont la population, en hausse constante, approche les 60 000 habitants (plus de 56 000 en 2013), devrait disposer d’un parc d’environ 25 000 véhicules, avec une progression annuelle de l’ordre de 1 400 unités. C’est considérable. Par ailleurs, et ce n’est un secret pour personne, Saint-André accueille chaque jour un flux motorisé constant en provenance des communes voisines qui viennent grossir le trafic. Il s’agit essentiellement, pour bon nombre d’usagers, des déplacements pour motifs d’achats, l’offre commerciale de la commune se développant, ces derniers temps.

Il faut donc s’armer de patience pour circuler dans Saint-André où à certaines heures de la journée, la ville est au bord de l’asphyxie, mais également ses secteurs environnants comme : Petit-Bazar, Lefaguyès, Pente Sassy, la Cocoteraie…, etc. À l’exception des ronds-points crées en périphérie, aucune infrastructure routière digne de ce nom n’a été réalisée pour faire face à cette calamité pourtant prévisible. Gouverner, c’est prévoir et savoir anticiper. Et force est de constater, en toute modestie, qu’il y a eu sur ce plan un déficit d’anticipation. D’aucuns diront que certains de nos élus ont choisi de ne pas s’encombrer l’esprit, préférant rester dans la simplicité de l’instant présent.

Quoiqu’il en soit, le coma circulatoire qui guette la ville, exige aujourd’hui de la part de la mairie, cette restructuration du Centre que l’on nous promet à chaque élection, mais non sans un plan global de circulation et de stationnement. Aux dernières nouvelles, ce réaménagement serait prévu, nous dit-on, dans le programme de rénovation urbaine Anru 2 ! Mais dans combien de temps ? En quelle année ?

En attendant, la municipalité a annoncé, il y a quelques mois, la création prochaine de deux bretelles d’accès à la 2X2 voies, l’une à hauteur du Chemin Lagourgue, l’autre au niveau du pont de la Cressonnière. Ces deux projets visant à désengorger quelque peu la ville, ne sont encore pour l’instant qu’au stade des promesses. Et si tant est qu’ils se réalisent, il est fort à craindre qu’ils ne soient aussi inefficaces qu’un sparadrap sur une hémorragie, s’ils ne s’accompagnent d’autres infrastructures routières ou dispositions en matière de circulation.

Autant dire, la fin du cauchemar circulatoire, à Saint-André, n’est pas pour demain.

Paul Dennemont
Saint-André


Kanalreunion.com