Di sak na pou di

Santé des enfants, éducation, instruction en période électorale

Témoignages.re / 10 février 2012

En cette période de précampagne électorale, autorisons-nous quelques questions et suggestions.
Quelles sont les missions de l’ARS, cette agence (ex-DRASS) a-t-elle comme compétence la promotion de la Santé ? Quelle est la part de son budget affectée à cette mission ? Avant toutes considérations, comment définissons-nous la Santé ? S’il est question de “bien-être”, comment le définir ?
La santé de l’enfant est-elle déterminée uniquement grâce aux mesures de surveillance médicales et pédiatriques ou repose-t-elle sur la responsabilité parentale ?
Que deviendra l’Éducation nationale lorsqu’elle sera décentralisée et que les écoles, collèges et lycées auront acquis leur autonomie ? Mais comment définissons-nous l’Éducation dans un contexte de « consommateurs » d’écoles (*) ? Un enfant est-il éduqué par des enseignants ou son éducation se détermine-t-elle en fonction de ses parents ? Quelles ont été les circonstances qui ont fait que le Ministère de l’Éducation nationale a perdu son qualificatif d’« instruction publique » ? Quelle est sa finalité ? Instruction ou Éducation ?

Un large débat devrait s’ouvrir pour reconsidérer les soubassements de cette terminologie pour le moins ambigüe.

Les professionnels de l’enfance dans leur ensemble devraient s’interroger sur les effets iatrogènes de leurs fonctions. Prenons plusieurs exemples :

1) Les pédiatres sont-ils satisfaits de pratiquer leur métier selon les mêmes normes que les consultations d’adultes ? Ne pourraient-ils pas être libérés des contraintes de clientèles et pratiquer une médecine plus globale en collaboration directe avec les PMI au lieu de vivre ce service comme concurrents ? La médecine pédiatrique ne pourrait-elle pas être socialisée, la plaçant ainsi hors du marché de la maladie dans un beau et grand Service public où ils se situeraient au service des parents et des enfants ?

2) Les enseignants sont-ils à l’aise lorsqu’ils déplorent devoir faire abstraction du vécu de l’enfant, alors qu’ils s’aperçoivent que l’enfant est triste, endormi et fatigué dès le matin… Ils perçoivent quelquefois des signes de négligence, et lorsqu’ils se décident à faire un signalement, ne craignent-ils pas de voir les parents les invectiver ou quelquefois même les agresser physiquement ? Ordre leur est souvent donné de considérer l’enfant comme un élève uniquement.

3) Certains psychologues ne pourraient-ils pas exercer leur métier en allant à la rencontre des parents qui se replient sur eux-mêmes alors qu’ils se rendent compte du malaise de leur enfant ? Avec les pédiatres notamment, ils feraient partie de ce service public d’accompagnement parental déjà évoqué.

4) Les sciences du bébé en plein essor, l’étude de son développement ne pourraient-elles pas s’enseigner dès le collège et le lycée et se concentrer ensuite, lors de la naissance du bébé, dans une appropriation parentale ? Celui-ci réactiverait ainsi des connaissances déjà acquises par ses parents.

Cette liste pourrait s’allonger.

Nous suggérons d’associer la Santé et l’Éducation de l’enfant dans un nouveau ministère associant les parents comme acteurs essentiels de la santé et de l’éducation de l’enfant. Ce ministère serait dissocié à la fois du Ministère des Affaires sanitaires et sociales, qui retrouverait cette appellation, et du Ministère de l’Éducation nationale, qui deviendrait Ministère de l’Instruction publique, pour un recentrage de ce dernier sur la noble tâche de l’Instruction. L’éducation implicite que peuvent apporter les enseignants, surtout dans le Primaire, ne pouvant pas se substituer à l’apport parental. Il y a une humilité à retrouver.

Et le parent à découvrir.

(*) Qui peut “déboucher” sur : « L’enfer des classes prépas », par Marie Desplechin, “Le Monde” du samedi 4 février, 2012.

Frédéric Paulus
Saint-Denis


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