Di sak na pou di

Se loger : un droit de l’Homme ! Pour un plan global d’action en faveur du logement social à La Réunion

Témoignages.re / 14 mars 2011

De manière récurrente, les médias rapportent les effets dévastateurs de la crise du logement dans notre île. Situations de mal-logement, zones d’habitats insalubres, marchands de sommeil, années d’attente pour les familles mal logées, logements inoccupés, insuffisance des structures d’hébergement d’urgence, etc. : autant de sujets souvent traités à la Une des journaux et qui interpellent fortement notre responsabilité collective.
Les conséquences sociales de cette situation sont spécialement graves. Sur la santé des enfants et leur éducation. Sur les relations intrafamiliales. Sur l’intégration sociale et le vivre ensemble. Sur l’exercice de la citoyenneté. Et ce sont les plus démunis et les plus fragiles qui sont d’abord frappés.
La Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 a fixé, en son article 25, un principe et une exigence d’une audacieuse nouveauté appelant la responsabilité et la solidarité de tous : «  Tout homme a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux... ».
Avec les associations qui ont signé le “Pacte pour les droits et la citoyenneté”, et les acteurs locaux qui veulent s’y associer, la Ligue des Droits de l’Homme à La Réunion a pris l’initiative, en février 2011, d’organiser un forum-débat sur les questions liées au logement à La Réunion. Au-delà de la mise en commun des éléments d’une analyse critique, il s’agit de porter ensemble des propositions et des actions concrètes.
Parce que le droit au logement n’est pas respecté, nous soulevons toutes les questions liées à la persistance de logements insalubres, à l’existence de logements non occupés, au manque de logements sociaux, de logements pour les étudiants, de structures d’hébergement notamment pour les femmes en difficulté.
Nous reposons la question du logement pour les personnes à mobilité réduite, pour les personnes âgées.
Nous interpellons les communes qui ne respectent pas les quotas de logements sociaux (loi SRU).
Nous demandons un véritable accompagnement des familles pour faire valoir, en exécution de la loi, leur Droit au logement opposable (DALO).
Nous demandons à nos députés et sénateurs de s’expliquer sur l’insuffisance par rapport aux besoins et sur la baisse des crédits d’Etat à travers la Ligne budgétaire unique (LBU).
L’ensemble des associations et organisations unies dans cette démarche considère que la situation appelle une mobilisation convergente de tous les acteurs politiques, à quelque niveau qu’ils se situent, Etat, Région, Département, commune, députés et sénateurs, responsables locaux. Ensemble, nous demandons qu’un plan global soit élaboré en 2011 en concertation avec les associations concernées et les acteurs économiques, incorporant et modifiant les plans ou dispositifs existants, accompagnés d’un échéancier et d’un mécanisme d’évaluation transparent.
En cette période d’élections de nos conseillers généraux, nous demandons aux acteurs politiques, et notamment aux candidats, de prendre position sur la question du logement et de soumettre des propositions à la hauteur des enjeux afin d’éclairer les citoyens dans la détermination de leurs opinions et de leurs votes.

Pour la LDH de La Réunion,
Isnelle Gouljar, Présidente


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