Di sak na pou di

Sea Shepherd demande la préservation des requins

Témoignages.re / 8 août 2012

L’analyse de Sea Shepherd de la situation à La Réunion et les solutions adéquates pour une gestion intelligente du risque et vers une cohabitation moins houleuse avec les requins :

- L’écosystème marin sur la côte Ouest réunionnaise s’est fortement dégradé dans la seconde moitié du XXème siècle. En cause : l’urbanisation, l’explosion démographique, la mauvaise gestion des déchets, la surpêche… Autant de critères qui se trouvent être les mêmes qu’ailleurs dans le monde lorsqu’un écosystème se dégrade. Aux mêmes causes les mêmes effets.

- Cette dégradation a entraîné la disparition ou la raréfaction de nombreuses espèces, à commencer par les requins qui sont les plus fragiles et sensibles à leur pêche. La pêche du requin n’étant pas une pêche durable du fait de leur très faible natalité et fécondité ; les spécimens atteignant leur maturité sexuelle après 7 à 10 ans de vie.

- En parallèle, les loisirs en rapport avec la mer ont explosé sur cette période. Il était alors possible d’en pratiquer en toute circonstance toute l’année et sans risque.

- Avec l’arrêt de la pression anthropique (pêche, chasse) couplée à une volonté de conserver et protéger cet écosystème fortement dégradé, les menaces sur les squales ont diminué. Ils reviennent donc tout normalement sur un territoire qui a toujours été le leur, car présentant un biotope idéal à leur présence ; présence effective depuis toujours en dehors de ces années de forte pression humaine. Leur rôle dans cet écosystème est reconnu comme essentiel par la science. La reconstitution des populations est donc un signe d’amélioration de l’écosystème marin, et en cela, c’est une bonne nouvelle.

- Aujourd’hui nous assistons à la rencontre frontale et brutale entre le retour d’animaux sur leur territoire et des pratiquants habitués à leur absence.

- Pour éviter de nouveaux drames, les pratiques doivent s’adapter, les spots de surf les plus fréquentés doivent être surveillés et la pratique y être encadrée par un règlement en rapport avec l’évaluation du risque.

- Rappelons que tous les accidents ont eu lieu alors que les conditions de mer étaient très favorables à leur présence. La première de ces conditions étant la turbidité de l’eau.

- Les études scientifiques doivent se poursuivre et permettre de mieux appréhender le risque potentiel lié à la présence de ces animaux et d’évaluer leur population en rapport avec les équilibres de l’écosystème.

- En alliant connaissance des animaux, modification et encadrement des pratiques ; nous pouvons tous espérer allier à la fois la conservation des espèces et la conservation de l’économie et de la pratique du surf en sécurité à La Réunion.


On pourrait aussi évoquer les effets : de la ferme aquacole de Saint-Paul sur la population de requins-bouledogue, de la sur-pêche au large, de la mauvaise gestion des eaux usées, la présence importante et récente des baleines près de nos côtes lors de l’hiver austral et du manque crucial de prise en compte et d’appréhension de ce risque par notre société.

Lamya Essemlali,
Présidente de Sea Shepherd France


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