Di sak na pou di

Sea Shepherd et l’ACSP déposent un recours au tribunal pour stopper la pêche des requins dans la Réserve marine de La Réunion

Témoignages.re / 22 août 2012

« Année de la biodiversité » ou pas, Réserve nationale ou pas, la France a la gâchette facile contre les animaux sauvages en milieu naturel, dès lors qu’ils gênent de près ou de loin une quelconque activité humaine, même récréative.

Sea Shepherd et l’Association citoyenne de Saint-Pierre viennent donc de déposer un recours suspensif au Tribunal administratif de Saint-Denis pour faire annuler l’autorisation préfectorale de pêcher des requins-bouledogues et tigres au sein de la Réserve marine nationale de l’Ile de La Réunion, sous couvert de « recherche scientifique ».

En janvier 2012, Sea Shepherd avait demandé au préfet un arrêté protégeant ces requins, sans succès. En effet, le requin-bouledogue et le requin-tigre sont classés « espèce quasi menacée » sur la liste rouge de l’IUCN (Union Mondiale pour la Conservation de la Nature) et remplissent néanmoins un rôle vital dans l’éco-système marin. De plus, leur chair, toxique, est impropre à la consommation et donc invendable. Ces espèces font par ailleurs l’objet d’un programme d’étude comportementale (CHARC) qui a déjà coûté 700.000 euros au contribuable.

Les raisons de protéger ces espèces de la pêche sont donc multiples, mais le préfet n’en a entendu aucune. Il a par contre très bien entendu les appels aux battues réclamés par la Ligue de Surf et certains « usagers de la mer » suite aux récents accidents impliquant des surfeurs et des requins. Si ces accidents sont dramatiques, il convient de rappeler que les requins ne surfent pas dans ces vagues, ils y vivent. Des solutions plus intelligentes, plus responsables existent.

Ce laxisme coupable des autorités laisse aujourd’hui libre cours à des dérives intolérables. En effet, l’association OPR (Océan, Prévention, Réunion) qui affirme lutter pour prévenir le risque requin à La Réunion organise des battues contre les requins, battues notamment financées par une récente collecte de fonds lors de laquelle l’achat d’une prothèse pour la dernière victime avait été mis en avant pour motiver les dons. Surfer sur l’émotion pour mettre à mort les requins fait recette.

Ajoutons que dans cette affaire, le silence du Ministère de l’Ecologie est assourdissant. Voilà un discrédit supplémentaire qui s’ajoute à l’affaire des intérêts pétroliers en Guyane, qui ont coûté son poste à la précédente ministre de l’Ecologie, Nicole Bricq. Nous recommandons, pour notre part, la fermeture pure et simple de ce Ministère, qui n’est rien autre qu’une coquille vide entretenant l’illusion qu’en France, on se préoccupe de l’Ecologie.

Lamya Essemlali,
Présidente Sea Shepherd France
www.seashepherd.fr


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