Di sak na pou di

Sécurité des routes : tirer les leçons de Felleng

Témoignages.re / 4 février 2013

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Des sept arguments mensongers que le Conseil régional avance pour justifier la construction de la Nouvelle Route du Littoral, le plus invraisemblable est celui de la sécurité. Felleng est en train de nous le rappeler : non seulement les autorités ont dû fermer totalement la route du littoral pour plusieurs jours, mais toutes les infrastructures de déplacements exposées aux pluies torrentielles, à la puissance de la houle et aux vents, se révèlent susceptibles d’être plus ou moins gravement endommagées ou détruites comme le radier de la rivière Sainte-Étienne.

À Saint-Denis, les usagers actuellement contraints de prendre la RD 41 pendant la fermeture du littoral peuvent se consoler en se disant que même lorsque la Nouvelle Route sera achevée (si elle l’est !), dès qu’il y aura un cyclone avec des vents violents, ils devront néanmoins comme aujourd’hui emprunter la route de La Montagne. En effet, dès que les vents dépasseront les 120 km/h sur le viaduc, la super route sophistiquée de Didier Robert sera inutilisable car comme le veut la réglementation la préfecture en fermera l’accès.

La leçon à tirer est évidente, on ne peut plus envisager de construire de nouvelles et coûteuses infrastructures de déplacements sur le littoral, encore moins sur la mer. Qui peut croire que si la Nouvelle Route du Littoral avait été opérationnelle ces jours-ci, les automobilistes auraient pu l’emprunter sans aucun risque pendant le passage de Felleng ? Comment croire en effet que des véhicules légers ou des camions pourraient circuler sans danger sur un viaduc de 5 km de long et haut de 30 mètres au-dessus de la mer, affrontant des vents pouvant atteindre les 200 ou 300 km/h et alors que les bandes d’arrêt d’urgence sont inexistantes ? Comment croire qu’un transport guidé sur rail pourrait y circuler dans de telles conditions ?

Aucun passage en mer n’est sécurisable, un axe aussi vital pour la vie économique de l’île que celui reliant Saint-Denis au Port doit impérativement être mis à l’abri de la houle cyclonique. D’autant plus que le changement climatique va dans un proche avenir rendre encore plus dangereuses les infrastructures littorales ou passant sur la mer. Il serait donc raisonnable, avant de débuter un chantier ruineux et irréversible, de renoncer au projet actuel de NRL et d’engager résolument une politique des déplacements en privilégiant pour la liaison Saint-Denis/La Possession un tunnel dédié en priorité au déplacement ferroviaire. Cet ouvrage serait aussi premier tronçon d’une infrastructure régionale sur rail utilisable également comme alternative (ferroutage) aux fermetures de la route actuelle du littoral. Dans l’attente, celle-ci peut être confortée et améliorée côté mer pour assurer sa pérennité, mais elle ne deviendra jamais circulable quand les conditions météorologiques seront extrêmes.

Jean-Pierre Marchau

Porte-parole EELVR (Nord et Est)


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