Di sak na pou di

Si di a zot

Témoignages.re / 18 janvier 2012

Violences inter-religieuses au Nigéria
Le Nigéria, pays le plus peuplé d’Afrique qui, suite aux velléités de sécession de la province du Biafra, a connu une guerre civile meurtrière causant ainsi, entre 1967 et 1970, plus d’un million de morts, est depuis de nombreuses années secoué par des conflits inter-religieux sur fond de graves problèmes sociaux et humanitaires.

La manne pétrolière ne profite pas ainsi suffisamment à sa population en raison d’un partenariat déséquilibré avec les compagnies qui opèrent dans le pays et d’une richesse nationale par ailleurs mal redistribuée sur l’ensemble du territoire.

Ces violences qui ont surtout affecté la région centrale, lieu de rencontre et de cohabitation de populations diverses, ont ensuite gagné le Nord à majorité musulmane avec la destruction d’églises et le massacre de chrétiens, comme cela s’est passé fin 2011.

Avec le cycle infernal des représailles, c’est maintenant le Sud à dominante chrétienne qui est concerné avec l’attaque de mosquées et le meurtre de musulmans.

Nous déplorons pour notre part l’intolérance et les violences d’où qu’elles viennent.
Nous condamnons fermement les agissements d’extrémistes qui ne peuvent se prévaloir de l’Islam pour justifier leurs crimes.

Comme l’a souligné le Conseil français du culte musulman (CFCM), ils ne peuvent afficher leur appartenance à l’Islam alors même que par leurs actes barbares, ils bafouent ses valeurs et ses principes fondamentaux, dont « le respect du droit à la vie et à l’égale dignité ».

Ils se trompent ainsi de combat, qui devrait être celui de la lutte dans l’unité, en faveur des déshérités, contre la faim et la pauvreté, et pour l’instruction, l’éducation et la santé. Combat qui devrait aussi être celui de tous les citoyens pour le développement économique et social de leur pays.
Pour mettre fin à la spirale de la haine et de la violence interreligieuse, nous souhaitons à l’ensemble des parties d’emprunter la voie du dialogue, de la réconciliation, du respect mutuel et de la paix, conformément aux enseignements des valeurs et textes religieux de chacune d’elles.

L’Association musulmane de La Réunion,
la Vice-présidente, Rabia Badat

Le Conseil régional du culte musulman
le Président, Houssen Amode

Le Centre islamique de La Réunion
le Président, Issac Gangate

• Éradiquer la violence à l’égard des femmes à ses racines
Si l’on veut éradiquer la violence à l’égard des femmes, c’est à ses racines qu’il faut s’attaquer, et donc à toutes les formes de discrimination et d’incitation à la haine des femmes.

Les images et textes dégradants, sexistes et violents qui portent atteinte à la dignité des femmes doivent être dénoncés et combattus. La liberté d’expression ne doit pas être le prétexte à des dérives glorifiant la violence faite aux femmes.

Le chanteur Orelsan reste pour l’Union des femmes réunionnaises celui qui a chanté : « On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée (...) On verra comment tu suces quand je te déboiterai la mâchoire (...) Tu n’es juste qu’une truie, tu mérites ta place à l’abattoir” ». Il n’est pas le bienvenu. Sa ki fo pou fé avans la cause des femmes, c’est le respect des femmes, dans les mots, dans le comportement… partou toultan.

Le poids des mots ignobles — même relevant de la fiction — pèse lourd contre l’émancipation des femmes.
« Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté » Confucius.

Pour le bureau de l’UFR,
Paulette Adois-Lacpatia


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