Di sak na pou di

Silence, on massacre les requins à huis clos à Saint-Leu

Témoignages.re / 16 août 2012

Le lundi 13 août 2012 à 10h30, j’ai déployé une banderole devant le Parc du 20 Décembre 1848 face à la Mairie de Saint-Leu. Au bout de quelques instants, elle a attiré l’attention de personnes hostiles, essentiellement les compagnes et enfants de surfeurs. Par intermittence, des surfeurs sédentarisés sur la côte Ouest venaient prendre la teneur de mon message : « C’est indigne, irresponsable et malhonnête d’utiliser les drames de la mer et l’insoutenable douleur des familles pour massacrer les requins ». C’est étonnant comme ce ballet incessant me faisait penser à l’attitude d’un gros prédateur cartilagineux autour d’un corps étranger.
Et puis, à 13h00, tout d’un coup, l’attaque se produit. Alors que je posais des questions aux gens qui attendaient le bus, un surfeur a voulu se débarrasser de ma banderole. Je suis alors intervenu, et n’arrivant pas à ses fins, il est allé rameuter ses copains, dont le fameux Tarzan, ainsi que la cavalerie de la Police municipale de Saint-Leu. J’ai fait alors l’objet d’intimidation et d’insultes de la part des surfeurs. La police a saisi ma banderole et mes 3 pancartes. J’ai terminé l’après-midi au poste de police. Les surfeurs et la cougar en mini-short jean aux longs cheveux châtains ondulés avaient alors la satisfaction du travail accompli.
Je constate que les surfeurs refusent le dialogue, le débat et ne respectent pas le point de vue des autres en recourant à la violence. L’agression récente et pitoyable subie par la Réserve marine en illustre aussi. (…)
La rafle d’une vingtaine de requins ne résoudra nullement l’insécurité. C’est un coup d’épée dans l’eau. Au contraire, l’insécurité sera plus grande, car les causes réelles, objectives ne seront pas recherchées et les vraies solutions jamais appliquées. L’heure est aux représailles. Le surfeur veut faire couler le sang de requins. Pour lui, un bon requin est un requin mort.

Léo Soundron


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