Di sak na pou di

Sin-d’ni : la mairie bafoue notre Conseil de secteur

Témoignages.re / 1er octobre 2013

C’est par la presse que j’apprends que le Conseil municipal de Sin-d’ni (sic) s’apprête à baptiser « allée des Gaillettes » une rue en devenir à quelques mètres de chez moi au Brûlé.

Pourquoi pas : les gaillettes sont des petits morceaux de charbon de bois. Lequel charbon de bois était produit au Brûlé au début du siècle dernier et a donné son nom à notre petit village des Hauts à cause des volutes de fumée que les Dionysiens des Bas voyaient s’élever dans le ciel.

Le problème, c’est que le Conseil de secteur n’a pas été consulté. Or, lors de sa séance d’installation par Gérald Maillot le 26 mars 2009, le Conseil de secteur avait été invité à adopter, séance tenante, la charte des Conseils de secteur. Charte qui prévoit explicitement dans son article 2 que les Conseils de secteur « émettent des avis à portée purement consultative sur les projets faisant l’objet d’une délibération, avis qui seront transmis au Maire et présentés en Conseil municipal ».

Depuis quatre ans, cette disposition n’a jamais été mise en œuvre. Alors, pour la dénomination des voies, on peut se dire qu’il n’est pas bien grave de se passer de l’avis du Conseil de secteur. Je peux même affirmer que nous survivrons à cet affront !

En revanche, lorsque nous apprenons par la presse que le bureau actuel de La Poste va être transformé en APC (Agence postale communale), on peut considérer que notre Conseil a été méprisé et bafoué. Aucun projet ne nous a jamais été présenté. Le bilan de notre “influence” sur les décisions prises rue de Paris est nul. Les conseillers de secteur ne sont utiles à la mairie que pour jouer les figurants et faire la “claque” dans les manifestations de “com” organisées par la mairie.

Les deux adjointes qui se sont succédé ne sont pas en cause et elles ont toutes deux fait le maximum pour faire avancer quelques aménagements de proximité malgré les chiches dotations budgétaires mises à leur disposition. Dans ces Hauts démunis et délaissés, nous sommes de bonne volonté, peu exigeants, habitués à une certaine frugalité, mais nous détestons être humiliés. Question de dignité.

Dois-je rappeler qu’à plusieurs reprises, nous avons demandé, Alain-Marcel Vauthier en particulier, que le chemin du Général de Gaulle retrouve son ancienne dénomination de chemin Émile Hugot. Proposition restée vaine malgré l’aberration qui consiste à donner le même nom à deux voies dans la même commune (il y a une Rue du Général de Gaulle dans les Bas de Saint-Denis) avec les inévitables erreurs de distribution de courrier postal liée à cette homonymie. Quand le maire actuel tente de faire croire qu’il promeut la démocratie participative avec les Conseils de secteur, il se moque de nous deux fois. D’une part, ces Conseils relèvent d’une obligation législative qu’il ne fait que respecter. D’autre part, il prive les Conseils de secteur de tout impact sur la vie municipale, fut-ce sous forme de simples avis consultatifs. En fait, nous ne sommes que des marionnettes servant de faire-valoir au maire. Le rideau de ce triste spectacle ne tardera pas à tomber : rendez-vous en mars 2014.

Charles Durand

Secrétaire du conseil de secteur du Brûlé - Saint-Denis


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