Di sak na pou di

Sita et ses amis ont pris des vacances en Australie aux frais des contribuables !

Témoignages.re / 26 mars 2011

Un article paru sur le site de l’agence d’information IPR (Imaz Press Réunion - NDLR) nous apprend que le sieur Sita, Jean-François de son prénom, qui tente de s’imposer comme vice-président au Conseil régional en charge de la Culture, est parti bat’karé en Australie avec 7 managers d’artistes réunionnais. 10 jours de promenade du 10 au 19 mars.

« Tous les coûts (20.000 euros, estime IPR) ont été supportés par la Région, du voyage à l’hébergement en passant par la restauration et les déplacements. Ces frais ont été prélevés sur le budget de la présidence. Une ligne budgétaire que le président de Région peut gérer à sa guise en vertu de son pouvoir discrétionnaire », précise IPR.

Ça, c’est nouveau. Un « budget de la présidence » géré « à sa guise » par Didier Robert pour une telle opération ! Du jamais vu.

Quant au but de la mission, si l’on peut parler de mission : assurer la promotion de la culture réunionnaise, développer les échanges culturels, accompagner des artistes ! Pourquoi pas. Mais il faut se souvenir que lors de la précédente mission/voyage/tourisme, en 2010, les cachets des artistes réunionnais avaient été payés par… la Région, alors que, généralement, ce sont les festivals qui prennent contact avec les agents des artistes et payent les artistes. Un organisateur de spectacles s’était d’ailleurs interrogé sur la pertinence de l’initiative de la Région. Il aurait tout de même été plus logique d’inviter les organisateurs de concerts, festivals et autres manifestations à La Réunion. Cela aurait permis, d’une part, de limiter les frais et, d’autre part, de permettre à un nombre d’artistes nettement plus important de se faire connaître.

Le choix de 7 managers est d’ailleurs très bizarre. Sur quels critères ont-ils été choisis ? Est-ce sur des valeurs culturelles ? de notoriété du groupe ? ou sur des critères moins avouables ?

Et pour couronner le tout : cette délégation n’a même pas pris le vol d’Air Austral, mais est passée par Maurice et a donc voyagé par Air Mauritius. Il y avait pourtant des RDV à Sydney, destination desservie par Air Austral. La liaison avec Adélaïde aurait pu se faire par les compagnies australiennes. Lors de la première escapade de la Région en Australie, les professionnels du tourisme avaient estimé que viser Adélaïde n’était pas pertinent, trop d’escales et de temps de voyage. Manifestement, ni Jacqueline Farreyrol, ni la Région ne l’ont compris.

Je ne peux que souscrire aux interrogations d’IPR : « D’autres zones d’ombre existent autour de ce voyage. Pourquoi un nouveau voyage à Adelaïde moins de 6 mois après la participation d’une délégation de 140 personnes au “French Festival” dans la même ville, du 12 au 14 novembre 2010 ? Festival qui avait coûté la bagatelle de 244.000 euros à la collectivité. Pourquoi la Région prend-elle en charge le déplacement des managers d’artistes ? ».

Au retour de la mission à Adélaïde, celle de novembre, le même Sita avait déclaré : « Je crois que c’est une nouvelle avancée pour La Réunion. Notre culture vient de faire un bond en avant. Le peuple australien est très baroudeur, il ne demande qu’à venir jusque sous nos latitudes, il faut désormais mener un travail de sensibilisation auprès des tours opérateurs ». La déclaration est sur le site… de la Région (mise en ligne le 12 novembre 2010). Quelle sensibilisation a été faite ? A-t-on déjà vu des artistes australiens venir jouer à La Réunion ? Y a-t-il eu des touristes australiens, ces derniers mois, venus visiter l’île ? Sita et la Région sont donc en passe de piller les fonds publics pour des opérations dont le rendu n’est même pas quantifiable… et qui sont dénoncées par les professionnels.

Reste également une question qui mérite une réponse : quelles sont les connivences entre l’Alliance française d’Adélaïde et la Région Réunion ? Deux cadeaux d’une telle importance en quelques mois d’intervalle, cela cache forcément quelque chose.

Kora-Ly Payet


Kanalreunion.com