Di sak na pou di

Soif de fois

Témoignages.re / 10 mai 2010

Il est du même pays que nous tous. Mais… d’une autre solitude, — la sienne. Car, d’une autre révolte, — la nôtre, inutile, incompréhensible. Voyez-vous, notre monde repose sur les épaules des autres. Car, nous sommes… obèses. Obèses de disproportion. Disproportion de richesses, disproportion de dépenses. Même notre entendement est disproportionné. Et nous voulons que d’autres portent notre poids. Ils portent notre confort, ils portent notre insouciance, ils portent nos péchés aussi. Grâce à eux, nous sommes légers, agiles, insouciants, riches, dépensiers. Quand en serons-nous conscients ?

Il pourrait bien neiger. La neige en mai, méfiez-vous ! Mais c’est encore tellement la fournaise qui sévit ici actuellement dans l’île. Réveillons-nous !

Monseigneur Gilbert Aubry porte tout ça dans son cœur. Car, oui, il s’agit de lui. Il nous porte. Magnificat pour Gilbert ! Mais son cœur est comme un coffre trop rempli. Il ne peut embarquer, il ne peut s’embarrasser de toutes nos errances !

C’est vrai que ce fils de Dieu, né le 10 mai 1942, sacré évêque il y a trente-quatre ans (le 2 mai 1976), n’a pas choisi : il a été choisi. Alors, jusqu’au bout de l’amour de son prochain, il a demandé la Joie et l’Espérance, la Justice et la Paix. À la vie, à la mort ! Plein de la grâce de Dieu, mais point d’or, mais point d’argent. Soif de fois (oui, foi au pluriel, dans ce monde où la foi est chaque jour, chaque fois, remise en cause).

Notre monde repose sur des épaules comme les siennes. Il lui faut toujours convaincre et diriger dans le droit chemin. Il a ordonné 37 prêtres, il sait que ce n’est pas suffisant, il en est conscient. Nous vivons dans un monde ô combien difficile, où la spiritualité est supplantée par les richesses, et par les faiblesses (pour ne pas employer d’autres mots qui ont défrayé la chronique et laissé libre cours à des déchaînements injustes, inutiles).

Ouvrons les yeux, soyons attentifs aux choses qui rendent le cœur léger, agile, qui rafraîchissent l’esprit et élèvent notre conscience. Notre monde a besoin d’amour, de plus en plus d’amour, de compréhension, de beauté. Ouvrons notre cœur, car nous sommes faits pour donner de l’amour, de la compréhension, de la beauté. Regardons la beauté et l’abondance de la nature que le Créateur nous donne et réfléchissons un instant : combien de fois Le remercions-nous pour tout cela ? Dites-nous bien que la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue s’il n’y avait cette lucidité sur les choses et cet amour du prochain.

Cessons donc de nous reposer sur les épaules des autres !

Bon anniversaire, Monseigneur Gilbert Aubry !

Marc Kichenapanaïdou


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