Di sak na pou di

Sortir de la crise

Témoignages.re / 2 novembre 2009

Johnny n’est pas venu « allumer le feu ». Question de crise. Cette crise s’appelait H1N1. Il la craignait. Pourtant, il y a comme un incendie à éteindre. Pas de ceux volontaires et criminels de la Montagne ou de la décharge de la rivière Saint-Étienne. Mais de ceux synonymes à ces emm… qui arrivent par escadrilles. Car, on assiste –comme à un défilé de mode– à une succession de crises. Il faut dire que l’environnement est… crisogène. Pourquoi ?
L’info circule aujourd’hui de plus en plus vite, de plus en plus puissamment : Internet est un outil formidable pour prendre la parole, pour la diffusion de masse, pour nous faire craindre les crises. Les individus travaillent en réseaux sociaux. Et Internet est comme une plage où il y a toujours des vagues qui déferlent. Récemment, on a parlé d’affaires Hortefeux, Mitterrand, Jean Sarkozy. Trois affaires politiques. Les deux premiers, ministres, sont toujours en poste. Tandis que le fiston qu’on disait fils à piston s’est retiré. Certains ont dit que c’était sa seule issue possible, d’autres ont trouvé qu’il a gagné en maturité. Question de point de vue ! Les dynamiques de crise sont toutes autonomes.
Pourquoi tant de crises ? C’est peut-être parce qu’il ne se passe pas grand-chose. Il n’y a rien de pire que le déni de la crise, que de dire qu’il n’y a pas de crise, que tout va s’arranger, que c’est déjà arrangé. Alors, pourquoi ne pas les avoir prévues ? Prévoir, c’est aussi prévoir la crise, l’empêcher d’arriver, calculer les risques, communiquer. Et si c’était la crise de la communication ? Communication de crise ?
Oui, il faut éteindre l’incendie. Sortir de la crise. Parions que si les Bleus gagnent leur ticket pour l’Afrique du Sud on ne parlera plus de crise ! Parce que ce sera l’euphorie. Oui, c’est bien quand il ne se passe rien que passent les crises les unes après les autres.
Le président de la République l’a bien senti : il vient d’annoncer un plan d’urgence massif d’aide et de prêts bancaires à taux réduits, à engager avant la fin de l’année, pour assainir la trésorerie des agriculteurs. Au nom de l’identité nationale. À Saint-Denis de La Réunion, le DGS de la Chambre verte, pour sa part, déclare le même jour à la télé : « ça ne me fait pas peur, l’agriculture réunionnaise se porte plutôt bien et souffre moins qu’en métropole ». Pourquoi donc certains se prétendant « ti-colons » passent-ils leur temps à réclamer indemnités sécheresse puis indemnités cyclone ?
Pendant ce temps, d’autres se morfondent encore et accusent… la crise. Quelle crise ? À l’approche de la Toussaint, même les pompes funèbres proposent… des promotions sur les funérailles et des pierres tombales d’occasion. À cause de la crise, a déclaré à la télé un patron d’une de ces entreprises. Vrai de vrai !
Pendant ce temps, le chômage a augmenté de 21,3 % en un an dans notre île. À cause de… la crise !

Marc Kichenapanaïdou


Kanalreunion.com