Di sak na pou di

Sur la piste des marrons

Témoignages.re / 12 octobre 2011

Le compte à rebours a commencé pour les sportifs intensément préparés à affronter les sommets de l’île. On annonce avec passion le Grand Raid surnommé la « Diagonale des Fous » tant il faut oublier la sagesse conçue comme prudence et modération. Moment où se rencontrent les sportifs venus de loin et ceux d’ici.
Dans cette exaltation de l’effort, dans cette course acharnée, dans ce désir d’être le plus rapide et le premier à l’arrivée, y aura-t-il la place et le temps pour se souvenir ?
Car enfin, il y a longtemps, bien avant cette compétition, ces chemins étaient ceux des Marrons, des fous de la liberté qui disaient non à l’esclavage des habitations. Il fallait courir vite, plus vite que les chiens des maîtres lancés à leur poursuite. Nul trophée pour leurs exploits, sinon la survie. L’appellation « Pitons, cirques et remparts » n’était pas alors une invitation à contempler les beautés de la nature, mais leur refuge précaire.
Un pays, ce n’est pas seulement une géographie, aussi somptueuse soit-elle. Un pays, ce n’est pas seulement des paysages, aussi sublimes soient-ils. Ce n’est pas un décor muet. Un pays, c’est une mémoire plus ou moins partagée, c’est une histoire plus ou moins connue. Et parfois, la géographie raconte l’histoire, quand les sommets portent les noms des héros de la liberté : Cimandef, Anchaing, Dimitile…
Rappelons-nous la longue histoire du marronnage réunionnais ! Et bon courage aux raiders !

Brigitte Croisier



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Messages






  • Bon courage au sportifs qui vont emprunter la route du marronnage.
    L’HISTOIRE habillée par cette belle nature nous rappelle que ces cirques et ces remparts ont abrité ceux qui ont refusé d’être à la remorque du littoral esclavagiste.
    Au nom de la liberté, les marrons ont choisi la dignité, le courage, la résistance, la construction.
    Aujourd’hui ce sont des valeurs qui définissent toujours l’orientation politique nécessaire pour avancer dans le progrès. Le corollaire du progrès c’est bien la résistance. Résister pour avancer mais résister pour préserver.

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