Di sak na pou di

Toujours la même rengaine !

Courrier des lecteurs de Témoignages / 1er février 2015

J’ai été agréablement surpris de lire récemment sur Imaz Press Réunion qu’il y aurait bientôt au Port « un lycée de la mer ». Profitant du passage de la Ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, le maire du Port a en effet évoqué ce projet. Tiens, me suis-je dit, pour une fois, on n’a pas droit au sempiternel refrain « Le Port est en ruines » victime de « 43 ans d’inertie ». Sauf que cette idée présentée comme neuve était en fait partie intégrante du Pôle mer inclus dans le projet « Ville et port, la ville est port » mis en chantier depuis plusieurs années. Il s’agissait à la fois de créer un lycée (en remplacement de l’actuelle école d’apprentissage maritime) pour former des jeunes Réunionnais aux divers métiers de la mer. En plus de l’enseignement, ce Pôle devait inclure la recherche de haut niveau pour exploiter toutes les ressources et les potentialités qu’offre la mer.

Bien évidemment, Olivier Hoarau, qui – faut-il le rappeler ?- était sur ma liste en 2008, ne s’en souvient pas ou plutôt ne veut pas qu’on s’en souvienne. Et curieusement sa première adjointe, Paulette Lacpatia, qui a travaillé avec les équipes précédentes pendant 31 ans, ne cherche pas non plus à rafraîchir la mémoire de son maire. Aussi celui-ci proclame-t-il « Nous allons mettre en place, développer et construire un lycée de la mer » et il ajoute « nos discussions sont déjà entamées avec la Région ». Pour sûr que les discussions sont déjà entamées, mais sous la mandature précédente ! Et qui sont ces “nous” ? A qui renvoient ces “nos” ?
Un maire ne peut pas dire « nous allons construire un lycée ». Cela est de la compétence du Conseil régional. Qui plus est, le terrain sur lequel ce lycée pourrait s’élever est un terrain appartenant à l’Etat. Or, après 2011, mon équipe a pu reprendre les discussions avec la nouvelle direction régionale de Didier Robert et également le Grand Port Maritime de La Réunion (établissement gérant aujourd’hui le port de commerce), pour faire avancer ce dossier important.

Autrement dit, Olivier Hoarau se présente comme l’initiateur d’un projet conçu par d’autres, il s’en approprie le mérite et il n’est sans doute pas anodin que cet accaparement soit mis en scène devant une ministre en visite. La Rochefoucauld avait noté que l’hypocrisie était l’hommage rendu par le vice à la vertu. Comment appeler cette mainmise sur des projets dont on cache l’origine ?

Une semaine plus tard, on retrouve une autre facette des discours tenus par Olivier Hoarau depuis quasiment 10 mois. Pour essayer de faire passer sa politique, il utilise toujours le même mécanisme : critiquer jusqu’à la caricature l’action des mandatures précédentes. Ainsi, à la veille de la rentrée scolaire, exposant sa mise en place des activités périscolaires, il ne peut s’empêcher d’évoquer « un héritage accablant » concernant les écoles (JIR, 28/01/15). Cela devient un tic de langage, un acharnement qui relève de l’obsession, une posture qui verse dans le ridicule.
Au-delà de la forme, qui n’est pas anodine, venons-en au fond. La ville du Port compte 29 écoles maternelles et primaires réparties sur tout le territoire communal. Ce patrimoine bâti hors foncier a une valeur de plus de 70 millions d’euros. Au cours de la précédente mandature, pas moins de 4,7 millions d’euros ont été affectés à l’entretien et à la rénovation des écoles. Ce que le maire actuel annonce pour la durée de son mandat est de 4 millions d’euros. Où est le grand changement proclamé ?

Au cours du dernier mandat, la cuisine centrale a également été réhabilitée et elle a obtenu l’agrément des services vétérinaires, gage de qualité en matière de restauration collective. Sans être exhaustif, ajoutons que toutes les écoles élémentaires ont été équipées de salles informatiques, que le parc photocopieur a été renouvelé et que le mobilier scolaire ancien a été remplacé. Pour l’acquisition de livres et de matériels pédagogiques en particulier, 280 000 euros étaient versés annuellement à la Caisse des écoles, ce que font peu de communes de La Réunion. On pourrait encore évoquer le Projet éducatif global initié par la Ville dans le cadre d’un fort partenariat avec l’Education nationale.

« Héritage accablant » ou dénigrement systématique ? Olivier Hoarau devrait se faire une raison : il n’est pas le premier maire du Port à considérer que l’éducation est primordiale. Il veut faire croire : « avant moi, tout est à jeter, avec moi tout ira mieux », autrement dit il veut réécrire l’Histoire. Quelle prétention !

Jean-Yves Langenier


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