Di sak na pou di

Tout le bonheur qui illumina le visage de Bruny…

Raymond Lauret / 11 septembre 2015

J’en ai bien conscience : parler de cacao en visant une filière à créer dans notre agriculture peut sembler relever de l’utopie. Et pourtant…

On a encore en mémoire un récent article paru dans la presse locale, article consacré à l’entreprise « Mascarin » qui a décidé d’augmenter sa capacité de production de chocolat. Bruny Payet, l’ancien secrétaire général de la CGTR, nous avait alors appelé pour nous faire part de son sentiment : « A une certaine époque, nous disait-il en substance, on pouvait voir dans de nombreuses cours de Réunionnais un ou plusieurs pieds de cacao. Le cacaotier poussait à La Réunion. Au moment où nous savons que, à courte échéance, la canne à sucre est menacée, notamment parce que la France a réglé son problème et ne va pas longtemps encore subventionner cette production, oui, pourquoi ne pas penser à essayer autre chose ? ».
La réussite de « Mascarin » et la volonté affichée des dirigeants de cette entreprise d’aller plus loin jusqu’à faire du chocolat réunionnais un produit d’excellence plaident pour que l’idée de notre vieux camarade ne soit pas rejetée. Tel était en tout cas mon sentiment.

Ce jeudi 10 septembre, tôt le matin, j’étais au Port chez Bruny, accompagné du responsable d’une association qui milite pour le développement du cacaotier dans notre île et à qui j’avais fait part de ce que m’avait dit l’ancien syndicaliste. Il ne m’appartient pas de donner ici le nom de cette personne. Le moment venu, cela se fera tout naturellement. Ce que je veux dire aujourd’hui, c’est le bonheur qui illumina le visage de Bruny lorsque lui furent remis deux plants de cacao.
En quinze minutes bien remplies, ils échangèrent sur la question, l’un parlant avec enthousiasme de l’Histoire réunionnaise de cet arbuste, l’autre de tout ce que cette plantation pourrait apporter comme base précieuse au développement d’un domaine de notre industrie agro alimentaire…

Les deux plants seront mis en terre, sur un terrain situé à Pierrefonds, là où, à défaut de pluies, l’eau d’irrigation existe. Ce sera fait par des proches de Bruny. Un Bruny qui, je pouvais le voir, n’a jamais cessé, à 93 ans passés, de penser à l’avenir de son île.

Raymond Lauret


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