Di sak na pou di

Triste France...

Témoignages.re / 28 février 2011

La femme du Président Sarkozy, parait-il, va chanter “Douce France” de Charles Trenet en italien ; dolce Francia. Cette mélodie susurrée par celle qu’on nomme première dame va-t-elle faire oublier les nombreux cafouillages commis dernièrement par le gouvernement mis en place par son président de mari ? Cela semble peu probable au vu des agissements des UMP qui nous gouvernent.
En décembre dernier, vacances tunisiennes en pleine révolution de la ministre des Affaires étrangères, Madame Alliot-Marie... voyages privés en jet appartenant à un homme d’affaires proche de Ben Ali, rejeté par son peuple, achat immobilier par le père de la même ministre qui, tout âgé qu’il est, ne perd pas le sens du business, et devant le tollé général et les critiques de tout bord, la responsable de la diplomatie française réagit avec arrogance et aplomb ; qu’ai-je fait de mal ?
Il faut croire qu’elle a réfléchi depuis, puisque sa démission est officielle. Souhaitons que son successeur soit plus "diplomate" déontologiquement parlant...
Autre bouleversement en Égypte, là c’est le Premier ministre qui y faisait du tourisme aux frais des Égyptiens, puisqu’il paraît que ce n’est pas l’argent français qui était ainsi gaspillé. Madame Bachelot disait à France-Inter, malgré un enrouement prononcé, qu’il était dur d’être ministre... Ah oui ! car si on ferme les yeux sur des vacances gratuites au soleil, il faut quand même s’inquiéter des évènements existants dans les pays visités... ce devrait être la moindre des préoccupations pour des hauts dignitaires de l’État français.
Enfin, la Lybie maintenant vit des jours dramatiques et sanglants. Le compagnon de Madame Alliot-Marie, grand ami du colonel Kadhafi, doit se sentir un peu isolé... n’oublions pas qu’en 2007, Sarkozy et son équipe avaient fait un accueil royal et démesuré à celui qui n’était pas alors le tyran sanguinaire de février 2011, mais un chef d’État admirable, puisque lisant Montesquieu, ce qui évidemment est le signe d’une grande ouverture démocratique...
La diplomatie d’une nation ne se règle pas au coup par coup et n’est pas l’apanage d’un petit groupe. Plusieurs diplomates ont dénoncé une politique étrangère française placée sous le signe de l’amateurisme et des journalistes spécialistes du Moyen-Orient regrettaient que le gouvernement français n’ait pas pris en compte les mouvements opposants des pays en crise actuellement, faisant fi des analyses et des critiques émises par ceux qui connaissaient la réalité de ces régimes.
Le nouvel ambassadeur de France à Tunis, qualifiant de « débiles » les questions relatives à Madame Alliot-Marie et partant avant la fin de la conférence de presse, n’est certes pas le meilleur interlocuteur pour rétablir un véritable dialogue entre Tunisiens et Français.
Le remaniement ministériel n’a pas été voulu par le Président de la République, il a été imposé par l’opinion, publique.
Mais quel dommage de voir le gâchis que l’on essaie de camoufler comme on peut. Les postes de ministres ne devraient-ils pas être attribués en fonction de véritables compétences des intéressés plutôt que distribués comme faveurs ou récompenses à des courtisans serviles ? Triste France... faisons tout pour que ça change.

Marie-Hélène Berne


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