Di sak na pou di

Un assassin a tué un ange…

Témoignages.re / 31 janvier 2012

Un homme a tué un enfant ? Drame conjugal, drame de l’alcool et de la drogue, drame de la misère sociale. Des mots de l’actu, en rouge et noir, qui font de bons titres tout trouvés pour les faits-diversiers. Non ! Je dis : un assassin a exécuté un ange !
Son bourreau ? Son géniteur. Il avait pour patronyme celui d’un roi mage. Le savait-il ? Pas sûr. A 21 ans, il était connu comme consommateur d’alcool et de drogues. Et comme violent. Il habitait une rue qui porte le nom d’une autre victime de la violence des hommes. Le savait-il ? Pas sûr non plus.
Sa victime n’avait que trois mois et demi. Un ange est mort. Assassiné. Une petite fille qui ne saura jamais qu’elle a fait la Une des journaux. Un ange immaculé, né pour être le cadeau des fêtes de fin d’année de sa mère. Lorsque l’enfant paraît, ça ne peut être que le bonheur qui frappe à la porte : après neuf longs mois d’attente et de souffrance, une jeune femme était aux anges. Elle avait donné naissance à un petit ange. Innocent.
Pour la punir de lui avoir dit non, d’avoir résisté à son orgueil de petit coq, il a saisi son ange et l’a jeté par terre. Le nourrisson a rendu le dernier souffle entre les bras de celle qui l’avait mis au monde. Un monde dont il n’aura connu que la violence. « Violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner », dit la justice des hommes. Ça vaudra au bourreau peut-être trois ans avec sursis, peine infligée à cet autre père qui avait secoué puis lâché son fils de neuf mois : victime d’un œdème cérébral, l’enfant était passé de vie à trépas entre les mains des médecins de l’hôpital. D’aucuns prônent la loi du talion, le retour de la peine de mort et exècrent Me Badinter. L’humanité tout entière s’est liguée contre l’assassin.
De cette horreur ne restent que quelques joujoux d’enfant, une photo, qu’une mère éplorée étreint.
Il est temps que les mères d’aujourd’hui éduquent leurs garçons et leurs filles. Qu’elles apprennent aux premiers à respecter la vie, du moins celle des autres. Qu’elles apprennent aux secondes à mériter mieux que ces consommateurs d’alcool et de drogues et ces petits coqs connus pour leur violence, et que faire un enfant n’est pas un jeu d’enfants.
Un ange passe, grimpant au plus haut du paradis, toujours immaculé, saint. Noir comme l’horreur, l’enfer dont les grilles grandes ouvertes l’attendent, son bourreau ne sait plus à quel saint se vouer.

Marc Kichenapanaïdou


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