Di sak na pou di

Un homme politique discret

Témoignages.re / 30 avril 2013

L’homme est discret. On serait presque tenté de le lui reprocher en ces temps où certains jouent des coudes pour se placer sous l’œil médiatique. Il parle peu, et quand il le fait, c’est toujours sur un ton mesuré et avec la volonté d’expliquer afin que l’interlocuteur comprenne le mieux possible. Du coup, il écoute beaucoup et il est apprécié pour cela même.

Discret, plein de retenue, il est cependant présent dans l’espace public depuis plusieurs décennies. Là aussi, un peu à son corps défendant, mais avec un esprit de service. L’ambition ne l’a jamais habité si peu que ce soit. Il n’a toujours fait que répondre à des appels. Homme de devoir plus que de carrière. Homme tourné vers les autres et non en quête de son intérêt personnel.

C’est ainsi que, après avoir étudié la chimie à Marseille et avoir milité à l’UGTRF (Union générale des travailleurs réunionnais en France), il est sollicité par le PCR lors de son retour à La Réunion pour participer à la lutte ici. Il reste, et poursuit, sous d’autres formes, le militantisme pratiqué en France : travail sur le terrain, réunions de cellules, vente du journal “Témoignages”. Les journées sont bien remplies. On est en 1977.

1983. Il ne demande rien, mais on lui propose d’être sur la liste de Paul Vergès aux élections municipales du Port. Il dit oui, bien sûr. Il est alors 3ème adjoint. Hasard du calendrier où la vie personnelle rencontre la vie publique : simultanément, il est devenu papa.

Et ainsi, au fil des années, d’élection en élection, il continue le travail qu’il a toujours fait : se soucier des autres. Elu maire (1994), conseiller général (1992-2011), président du TCO (à partir de 2008), il donne son savoir, son expérience, son énergie, son temps, beaucoup de son temps, pour tenter de régler les problèmes les plus divers de la population.

Sans faire de vagues, sans hausser le ton, sans se mettre en scène, avec détermination et sérieux.

A-t-il voulu pour lui-même être député en 2012 ? Non, comme chacun le sait ! Mais fidèle à sa ligne de conduite de militant, il a mené campagne avec courage. Il n’a rien gagné, mais rien perdu non plus, surtout pas son honneur.

C’est bien dans la fidélité à ce qu’il estime être son devoir qu’aujourd’hui il juge légitime de passer le relais. Parce qu’un mandat électif, ce n’est pas une carrière. Parce que la vie même d’une société demande la participation des générations qui lèvent. Parce qu’il est mille et une façons d’être utile à son peuple. A chacun de choisir sa voie.

Cet homme, discret, dévoué, ferme dans ses convictions, constant dans ses engagements, cet homme, vous avez deviné, c’est Jean-Yves Langenier. L’homme est trop modeste pour accepter les compliments. Alors, juste un mot : respect !

Reynolds Michel


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