Di sak na pou di

Un parent d’élève de la FCPE indigné

Témoignages.re / 28 décembre 2012

Aujourd’hui (15 décembre -NDLR) s’est tenu le 31ème Congrès du Conseil départemental des parents d’élèves (CDPE) affilié à la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE).

Je n’y étais pas invité, mais je connaissais déjà la date. Le lieu de cet évènement a changé plusieurs fois de ville et de structure d’accueil pour finir à la médiathèque Louis Antoine Roussin à Saint-Benoît. J’ai pu me rendre à ce congrès grâce à Coyette Raymond, administrateur départemental depuis 6 ans, mais aussi militant à La Plaine des Palmistes depuis que son fils est entré en Maternelle.

J’écris cela pour informer les parents adhérents qui n’ont pas pu venir.

En tant qu’ancien président départemental et toujours militant, j’ai des enfants en école primaire et en collège au Tampon, je tenais donc à y être présent. Du reste, avec mon collègue du collège Michel Debré (à La Plaine des Cafres), c’est de stupéfaction en stupéfaction que nous avons assisté à ce congrès.

Je n’arriverai pas à énumérer tous les dysfonctionnements de cette organisation : on dit que c’est interne à l’association ; mais jusqu’à quel point ? Ferai-je du tort à la fédération en l’écrivant publiquement ? Ou pourrai-je éclairer à ma manière comment on devrait faire vivre, démocratiquement, une association loi 1901 ? Plus facile à dire qu’à faire ?

Si on applique, à la lettre, des statuts ou un règlement intérieur convenablement élaborés, étudiés et finalement adoptés, tout doit se passer sans heurts inutiles. Les débats devraient être sereins, tranquillement menés. Les décisions acceptées par tout le monde. Les votes enregistrés par tout un chacun. Les responsables clairement désignés et les missions accomplies d’un bout à l’autre de l’exercice. Encore faut-il que les conditions soient réunies pour qu’il y ait de l’écoute, du respect de l’autre, du droit à l’expression, de l’honnêteté, de la discipline, du contrôle de soi sans oublier la parole donnée ou l’engagement pris, que chacun reste dans son rôle, sa fonction, ses responsabilités...

Or, qu’est-ce qu’on n’a pas entendu ce matin ?

I) La préparation d’un congrès

Un congrès tel que celui d’un CDPE se prépare au moins 6 mois à l’avance. Entre les rapports d’activités, financiers, les appels à candidatures et les délais statutaires à respecter, le bureau a du boulot sur la planche. Certes, toute l’animation appartient au président... qui peut reprocher aux uns et aux autres de ne l’avoir pas aidé dans sa tâche ?!

II) Le respect des statuts

Le CDPE doit réunir son Conseil d’Administration-CA-(18 membres) une fois par trimestre, au moins. Le bureau (6 ou 7 personnes) prépare les CA : ordre du jour, 15 jours de délai de convocation.

Ensuite, le président est garant de l’exécution des décisions prises en bureau et le bureau responsable devant les tâches du CA.

Depuis avril, le CA de ce CDPE ne s’était pas réuni, jusqu’en fin octobre. Reporté faute de quorum. On se retrouve fin novembre pour programmer et organiser un congrès annuel et toutes ses facettes statutaires : votes, mandats, renouvellement des administrateurs par tiers chaque année, élection du nouveau bureau.

III) La pyramide fédérale

A la base se trouvent les adhérents : la famille (père + mère en général) paye 16 euros par année scolaire ; l’adhésion implique droits et devoirs.

Droits : information, formation

Devoirs : s’investir dans la vie éducative de son enfant, des enfants de l’école, du collège, du lycée et leurs structures de fonctionnement.

Au niveau de chaque établissement, 3 parents (minimum) constituent un Conseil local déclaré au CDPE.

Il y a un CDPE par département de France (et d’Outre-mer). Dans l’hexagone, des CDPE peuvent se réunir en Conseils régionaux.

IV) Logiciel national

Il existe depuis 3 ans un logiciel où on rentre les adhérents par internet. Qui les rentre ?

Un responsable national informatique donne le pouvoir au président départemental de faire rentrer les adhésions, en rattachant chaque adhérent à son établissement scolaire (son Conseil local).

L’adhérent, en remplissant son bulletin, est donc fiché. Qui a accès à ce fichier ? Les personnes autorisées par le président départemental.

Deux ou trois personnes, administrateurs départementaux du CDPE de La Réunion, sont allées à Paris, au siège national, pour être formées à entrer dans ce fichier.

V) Qui vote ?

Vote l’adhérent ou son représentant délégué par son Conseil local. Mais il doit se retrouver inscrit dans le logiciel national. S’il n’y est pas, il n’a pas droit au vote.

Il ne vote donc ni rapport d’activités, ni bilan financier ; ne peut être candidat au Conseil d’administration départemental, ne peut non plus désigner ses administrateurs départementaux, même s’il est présent dans la salle.

VI) Un déni de démocratie

Si ma tête ne revient pas au président, il trouvera toutes les raisons pour ne pas m’entrer dans le logiciel national des adhérents.

Je serai donc inconnu au bataillon.

Pire, comme le président peut de cette manière éliminer toute personne qui lui est indésirable, il peut donc s’entourer a contrario de tous les parents qui lui sont sympathiques ou proches pour toutes les raisons qu’on peut imaginer, et régner en maître sur son petit monde qui lui est tout dévolu.

Comme ça, pas de contestataires, pas de débats, pas d’opposition, pas d’échanges, pas d’enrichissements réciproques comme dans toutes sociétés diversifiées, comme c’est généralement le cas dans les bonnes démocraties...

VII) L’huissier de justice

Pour parer à ces dysfonctionnements, 11 administrateurs (sur 18) ont commandé un huissier de justice pour constater tout ce grabuge :

- le Conseil d’administration convoqué la veille pour le lendemain ;

- l’adresse de réunion se résumant à une boîte postale ;

- la liste des candidatures non validée par un CA ;

- les documents de travail non fournis avant la réunion du congrès ;

- la présentation du logiciel national pour la première fois directement au congrès, mettant tout un chacun devant un tableau de Conseils locaux et de mandats non validés auparavant par le CA ;

- le pire, les obligeant à voter (pour, contre, abstention) sans avoir eu à se référer à leurs Conseils locaux de la base que chacun est censé représenter !

Pire encore : le délégué a eu à voter qu’il accepte (ou pas) qu’on enlève 1 euro à la part locale pour abonder la part départementale.

On lui demande d’accepter d’enlever des sous à son Conseil local pour les donner au CDPE sans qu’il ait consulté sa base !

Le président a réussi à faire sortir l’huissier, dès le début des travaux, arguant que l’association 1901 est du domaine privé ! Heureusement qu’il y avait encore une journaliste... espérons qu’elle n’était pas autorisée ou sollicitée spécialement par le Président !? Car tout peut donner à le penser.

VIII) Ecartés

Des dizaines d’adhérents (2011-2012), année scolaire au bout de laquelle se tient ce congrès du 15 décembre ! Enveloppes contenant chèques, bulletins remplis égarés ?!

Des adhérents délégués qui ne sont pas 3 (trois) par Conseil local.

Des lycées entiers (9 mandats) pour cause d’absence physique — les procurations n’ont pas marché ce matin, pour la première fois.

Des délégués dont la candidature n’était pas contresignée par le président du Conseil local ou qui n’avait pas le cachet de ce Conseil local !!!

La coordination de Saint-Joseph (1.300 adhérents) n’a aucun droit statutaire ; dixit statut national (ah, qu’il est beau !).

VIII) Conclusion

Un parent vient témoigner devant l’assistance. Il milite tous les jours, dans les écoles, pour les parents de base, les enfants, les collégiens, leur sécurité. Il participe à toutes les réunions ; un autre dit avoir éliminé la PEEP des établissements de sa ville. C’est comme ça que vous me remerciez ?

Je n’ai rien à voir avec toutes ces règles de fonctionnement purement interne associatif. Je viens, je suis candidat pour apporter ma pierre au combat de la FCPE. Je ne viens pas pour des querelles de personnes. Je viens positivement pour travailler des questions qui concernent l’éducation de nos enfants ; un point c’est tout.

Finalement, 9 personnes se présentent (ou se représentent) pour que le CA retrouve ses 18 membres. Gageons que la prochaine équipe redorera un tant soit peu le blason de notre fédération. Il paraît que le président ne représente plus sa candidature en tant que président ? Mais chut...

Qui vivra verra ; que sera sera, comme dit la chanson.

Benoît Blard


Kanalreunion.com