Di sak na pou di

Un sentiment croissant de désillusion

Conférence de presse du groupe PCR à la municipalité du Port

Courrier des lecteurs de Témoignages / 20 octobre 2014

En préambule, Henry Hippolyte, Firose Gador et Memouna Patel font observer que la période de six mois révolus qui a suivi l’élection de mars dernier est un délai raisonnable et suffisant pour pouvoir sereinement faire un premier bilan de l’action municipale.

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Mémouna Patel, Henri Hippolyte et Firose Gador.

« Nous avons pris volontairement notre temps pour intervenir, et nous le faisons aujourd’hui sans précipitation. Pour autant, nous dénonçons ce qui apparaît de plus en plus clairement comme une entreprise de destruction entamée par la nouvelle municipalité ».

« Tout d’abord dans le domaine des emplois, entre quinze et vingt contrats n’ont pas été renouvelés pour des raisons manifestement politiques. Force est de constater que l’engagement du maire de ne pas toucher aux contrats de plus de trois ans n’a pas été respecté. Il y a malheureusement eu volonté de casser du personnel, comme il y a la volonté d’exercer sur les agents une pression lourde et sournoise. En prétendant commander les agents ou les contrôler en lieu et place de l’autorité administrative, trop d’élus confondent leur rôle de chargé d’une délégation du maire avec le rôle d’un responsable de service. Dans ce domaine des conditions de travail, les changements tant annoncés ne peuvent se faire au détriment de la dignité humaine ».

« Cette ambiance de tension et de stress permanent est renforcée par les nouvelles dispositions de l’accueil en mairie, très tatillonnes et pleines de suspicion vis-à-vis des administrés. La maison du peuple s’est muée en citadelle hostile au visiteur ».

« Destruction également au niveau des projets, à l’exemple du projet de Centre de Formation pour Autodidactes et Cadres (FAC) qui a été purement et simplement enterré, comme l’a annoncé le maire au conseil municipal du 2 septembre dernier. Ce projet était porteur d’une ville jeune et universitaire, ouverte et dynamique. Le Port, par la faute d’une décision irréfléchie, va perdre cette attractivité et un atout unique en matière de formation à tout âge de la vie. »
« Destruction par ailleurs quand on entend le maire s’en prendre au monde associatif, en faisant en particulier un mauvais procès à l’Office Municipal du Sport, dont il juge la subvention excessive et hors norme. Or cette subvention est utilisée, avec toute la transparence et avec tous les contrôles nécessaires, pour gérer au plus près les activités des clubs et des associations sportives de la Ville, pour les accompagner et les coordonner, conformément à la vocation même d’un Office Municipal du Sport. Cette politique sportive, garante d’une démocratie sous la responsabilité du monde sportif, résultat d’un pari gagné enraciné dans l’histoire de la ville, est aujourd’hui remise en cause. Est-ce l’O.M.S. ou plutôt certaines personnes qui gêneraient le maire ? Ce serait en ce cas des considérations dérisoires qui détermineraient des “changements” là encore très négatifs ».

« A propos des orientations budgétaires et de la gestion des finances communales, le maire ne peut nier que l’exercice 2013 s’est soldé par un excédent non négligeable de 2 millions d’euros. Mais il ne cesse de dire que ce solde ne serait que le seul résultat d’une vente foncière opérée par la Ville. La réalité est pourtant claire : c’est la gestion globale et non une vente particulière qui a abouti à cet excédent. Quant à l’endettement il faut en faire l’historique, savoir qu’il a servi exclusivement à des investissements qui ont bénéficié à la population (opérations RHI, équipements socio-culturels et sportifs, rénovation du centre ville), se rappeler le choc des années 2008 à 2012, avec la crise financière et la suppression de la taxe professionnelle qui a abouti à une perte de recettes pour la commune — une période où le maire actuel faisait partie de la majorité et a approuvé toutes les mesures prises par elle. Et il faut surtout dire pour être honnête que la dette a diminué à partir de 2009 (58,6 M€ en 2009, 57 M€ en 2010, 52,4 M€ en 2012 et 50 M€ en 2014). Et en ce qui concerne les charges salariales, elles représentent 52 % des dépenses du budget de fonctionnement, un taux bien moindre que dans la plupart des autres communes. C’est donc la preuve de la maîtrise des dépenses de personnel de la part de l’ancienne municipalité ».

« Compte tenu des restrictions des dotations financières d’Etat, il est certain que la gestion est compliquée. Beaucoup d’autres communes en France et en outre-mer connaissent aujourd’hui les mêmes difficultés budgétaires. Ce qu’on dénonce c’est la mauvaise attitude qui consiste à charger l’ancienne municipalité. Cela enlève beaucoup de crédibilité aux prises de position de la municipalité actuelle ».

« Un exemple de cette manie de se défausser, c’est la situation qui découle de l’absence de mise en œuvre des activités péri-scolaires liées à la réforme scolaire. Les parents s’interrogent et sont de plus en plus inquiets, face à l’inexistence de ces activités péri-scolaires, réduites en fait à de la garderie. Les élus qui ont tenté de faire croire aux parents mécontents que la faute incombait à l’ancienne municipalité en ont été pour leurs frais ».

« Les quelques éléments exposés ci-dessus entraînent un sentiment croissant de désillusion, que ce soit dans les services de la mairie ou dans la ville. Comment s’en étonner, quand le changement attendu ne répond pas aux attentes ? »

Voilà en substance ce qui a été dit par les trois élus du groupe PCR, Henry Hippolyte, Firose Gador et Memouna Patel


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