Di sak na pou di

Une démocratie sans démos, ni kratos

Témoignages.re / 20 juin 2011

Jadis on parlait de « Barbares » pour designer des peuples non civilisés. Or, aujourd’hui, nous constatons que la barbarie n’est plus l’absence de civilisation, mais la civilisation sans l’Homme, sans l’humanité. Idem pour ceux qui mettent en avant la démocratie, qui chantent les valeurs de la démocratie, qui veulent donner des leçons de démocratie au monde, mais qui, dans leur propre pays, agissent pour faire vivre une démocratie sans démos, ni kratos.

Je ne prendrai que deux petits exemples : le referendum du 29 mai 2005 sur le Traité de Constitution Européenne (TCE) rejeté en masse par les Français, et le traité simplifié proposé par Nicolas Sarkozy ratifié par le Parlement constitue un déni de démocratie qui s’est traduit par la revanche de l’élite contre le peuple souverain, par la victoire de l’oligarchie sur la démocratie. Par ce biais, nos gouvernants passent par la fenêtre quand ils ne peuvent plus passer par la porte et cette victoire-là n’honore pas leurs auteurs !

Je rappelle que l’article premier de notre Constitution affirme que la France est une République… démocratique et sociale, que l’article 2 stipule que le principe de la République est : gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Je demande donc à ceux qui s’en écartent ou feignent de l’ignorer, de bien vouloir à nouveau s’en référer et d’en méditer sur sa réelle signification.

Je suis triste de voir des parlementaires qui tiennent leur mandat des électeurs et donc du peuple se chamailler, se déchirer, s’affronter, comme l’ont fait Laurent Wauquiez et Jean-François Copé pour savoir qui l’emportera dans la compétition qu’ils ont engagée sur le dos des malheureux allocataires du RSA afin de les obliger à travailler cinq ou dix heures par semaine. Ce travail obligatoire imposé aux plus démunis s’apparente au Service de travail obligatoire (STO) de sinistre mémoire sous l’occupation nazie.

De quel droit ces gens qui sollicitent nos suffrages et à qui nous déléguons nos pouvoirs vont contre notre gré nous imposer de telles contraintes alors que nous sommes victimes des conséquences politiques et économiques désastreuses qu’ils prennent et qui produisent des effets aussi néfastes que le chômage, la précarité, l’exclusion et la pauvreté. Je suis triste de voir ces “grosses têtes” qui ont fait de grandes études sortir de telles âneries au lieu d’utiliser leur intelligence pour trouver de vraies solutions aux vrais problèmes des Français au lieu de les enfoncer davantage.

Nous devons être extrêmement vigilants contre ceux qui s’attaquent aux plus pauvres pour payer les impôts des riches, contre ceux qui livrent les plus démunis à l’appétit des nantis. Nous devons démasquer ceux qui, sur la scène internationale, font semblant de dénoncer le capitalisme brutal, implacable, amoral, dérégulé et déshumanisé alors, qu’en coulisse, ils font tout pour défendre et protéger les droits de l’argent, la loi du plus fort, l’imbécile compétition et la stérile concurrence.

C’est un scandale de voir nos gouvernants remettre continuellement en cause les acquis sociaux des plus démunis tout en augmentant les prélèvements obligatoires des travailleurs et de la classe moyenne alors que dans le même temps ils ne cessent de renforcer les privilèges des riches.

Je voudrais également dénoncer la tentation sécuritaire des nantis afin de se protéger contre les injustices qu’ils font subir aux travailleurs, aux précaires, aux exclus, aux plus démunis de notre société. J’estime que la priorité des priorités aujourd’hui doit être l’emploi, les salaires, le pouvoir d’achat. En s’attaquant comme il convient à ces problèmes, les conséquences bénéfiques se feraient immédiatement sentir sur les problèmes d’insécurité, de violence, de délinquance et, par ricochet, sur les problèmes de santé liés aux stress, aux inquiétudes, aux angoisses, au mal-être et au mal-vivre actuel de la population.

Nous savons tous que la véritable démocratie est indissociable de la protection des plus faibles et qu’il ne peut y avoir de sécurité sans justice sociale. Est-ce que nos députés, nos gouvernants, nos “élites” qui passent leur temps à dénigrer, à stigmatiser les plus pauvres et à les rendre responsables de tous les maux de la France ont seulement conscience du mal et de la souffrance qu’ils leur font subir ? Savent-ils au moins qu’en démocratie, il n’appartient pas aux gouvernants de déterminer les libertés accordées aux citoyens, mais que ce sont les citoyens qui doivent décider quels pouvoirs ils sont disposés à accorder à leurs gouvernants.

Je rappelle aux citoyens et surtout aux électeurs que la force des maîtres réside dans la faiblesse des esclaves et que la force de ceux qui nous gouvernent réside dans la faiblesse des électeurs, des citoyens, du peuple.

Pour conclure, je dirai que le chômage, l’exclusion, la précarité, la pauvreté existent parce que les gouvernements prennent de mauvaises décisions et que ce sont leurs mauvaises décisions qui génèrent des conséquences dramatiques sur ceux qui se trouvent au bas de l’échelle sociale et parce qu’ils n’ont pas le courage de reconnaitre leurs criminelles erreurs politiques et économiques. Pire, ils s’y obstinent et se contentent de rabâcher sans cesse : « il n’y a pas d’autre politique possible ! » ce qui est faux bien entendu !

Il est donc temps que les citoyens se réveillent, qu’ils analysent l’état du monde dans lequel ils vivent et qu’ils en tirent toutes les conséquences que cela implique, à savoir ce qu’ils doivent faire pour sortir notre pays et notre monde du chaos qui les menace. Sachant que ce ne sont pas avec leurs habituelles pleurnicheries que les choses vont changer.

Pour AC-Réunion
Jean-Pierre Técher



Un message, un commentaire ?



Messages






  • Salut et bravo ! Sommes sur la mëme longueur d’ondes au sud de la Méditerranée.
    Une révolution au cœur même de la machine démocratique est nécessaire. C’est possible il suffit de couper le cordon ombilical entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif et revenir à l’essenceême de la démocratie : la séparation des pouvoirs. Au Maroc, on s’’organise pour ce combat dans le cadre d’un Mouvement : l’ALLIANCE pour une DEMOCRATIE NOUVELLE ( ADN )
    email : pharaon.mehdi@live.fr
    lire l’article qui suit :​​
     ​
    DEMOCRATISME,
    contre 
    DEMOCRATIE REELLE
     
    Après des siècles de sommeil, les peuples du Sud-méditerranéen, du Proche et du Moyen-Orient, se réveillent enfin pour reprendre en main leur destin.
    De bonnes âmes se précipitent aussitôt à leur chevet pour leur donner d’extrême urgence le baptême démocratique.  Démocratie ! Démocratie ! Démocratie ! Mot ressassé à l’infini, sacralisé à l’extrême, devenu l’étendard d’une nouvelle religion : le démocratisme ; une religion incontestable, indiscutable ; une religion qui a ses rites et ses dogmes, ses missionnaires et ses inquisiteurs et qui sait manier tout à tour le sabre et le goupillon, la carotte et le bâton, sous le masque trompeur des libertés et des droits de l’homme.
    L’idéal démocratique n’est pas ici remis en question. Il demeure le barrage le plus sûr contre toutes les formes de dictature. Le seul problème est que la démocratie moderne n’est un noble idéal que dans son principe. Dans son application, elle se révèle comme une immense imposture, une imposture d’autant plus grave que son but avoué est de conquérir la planète entière pour uniformiser tous les systèmes politiques.
    Alors que les sociétés occidentales évoluent à un rythme endiablé, la démocratie qui leur est appliquée, repose depuis plus d’un siècle sur ce même mécanisme immuable : élections-majorité parlementaire-gouvernement issu de cette majorité. Qu’en même temps celle-ci légifère et gouverne, devenant à la fois juge et partie pour contrôler un gouvernement issu de sa propre famille politique et c’est, évidemment, la porte ouverte à tous les dévoiements et à tous les abus dont on ne voit jamais émerger qu’une infime partie.
    Cette manière d’articuler les pouvoirs livre ainsi le système tout entier aux ambitions d’une même famille politique, le temps d’une législature. Du reste, au fil du temps dans les vieilles démocraties, le champ politique a été ingénieusement réduit à deux partis dominants (droite-gauche) qui, en même temps, légifèrent et gouvernent à tour de rôle, dans un délicieux jeu de balançoire hautement ‘’démocratique’’
     
     

     

     
                                      
    ​ 
     

    Article
    Un message, un commentaire ?






  • Nous ne sommes pas en démocratie mais en oligarchie, renseignez vous et cherchez la vidéo d’Etienne Chouard "Conférence sur le tirage au sort"..

    Article
    Un message, un commentaire ?


Kanalreunion.com