Di sak na pou di

Une position pour le moins irréfléchie et à corriger. Parce qu’elle tourne le dos aux intérêts de toute notre population…

Témoignages.re / 25 août 2012

Comme nombre de citoyens de mon pays, je me sens interpellé par la situation que pourrait devenir celle de notre schéma régional d’hospitalisation. D’autant plus que l’IGAS (Inspection générale des Affaires sociales) vient de conforter les arguments avancés il y a quelque temps déjà par les personnes qui, notamment celles qui opèrent au Groupe hospitalier Sud-Réunion (GHSR), continuent de s’élever contre la décision de fusion de ce dernier avec le Centre hospitalier Félix Guyon.
Rappelons rapidement ces arguments : temps de trajet important entre les deux hôpitaux de Saint-Pierre et de Saint-Denis qui nuit à l’organisation des activités, des bassins de vie (type de populations et zones géographiques) très différents avec une absence criante de complémentarité, situation financière très difficile d’un des deux en plus de leur taille différente. Cela en plus de la non-adhésion du corps médical, non pas au projet d’un CHU région océan Indien, mais à celui de fusion administrative des deux établissements pour y parvenir.

Nous sommes bien tentés de faire notre opinion de ceux qui, dans la signature le 1er janvier dernier par le directeur général du Centre hospitalier régional d’un arrêté de fusion suite au décret n°2011-1598 publié le 22 novembre 2011 et créant la fusion du Centre hospitalier Félix Guyon et du Groupe hospitalier Sud-Réunion, y voient davantage une perception des choses à très court terme et (pour le moins) irréfléchie. Une perception menée à la va-vite et qui tourne le dos aux intérêts de toute notre population.

L’IGAS est le service interministériel de contrôle, d’audit et d’évaluation des politiques sociales « pour éclairer la décision publique ». Elle réunit 130 experts de la Cohésion et de la Protection sociales, du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et de la Santé. On ne saurait l’accuser de confondre vitesse et précipitation, ni d’être la voix partisane de qui que ce soit. Et nous ne pouvons que nous féliciter que, autour notamment des docteurs José Guisérix et Oliviers Fels ainsi que du syndicaliste Jacques de Balman et du conseiller régional André Thien Ah Koon, il se trouve d’autres hommes et d’autres femmes bien décidés à saisir le président de la République et les instances compétentes pour que, soulignent-ils, « à l’heure où l’on doit rationaliser les dépenses publiques et où il manque des crédits pour les emplois aidés utiles à l’éducation de nos enfants, on est en droit de réclamer que les responsables (notamment technocrates) qui se voient verser de copieuses primes annuelles de performance soient tenus de les rembourser… » et parce que, « pour le bien-être des Réunionnais, il faudra corriger les erreurs commises et remettre les choses à leur place, avant dégâts… ».

Raymond Lauret


Kanalreunion.com