Di sak na pou di

Une rentrée difficile

Témoignages.re / 20 août 2009

Cette année, sans parler des risques de la grippe et de ses conséquences sur le fonctionnement des écoles, la rentrée scolaire 2009 est loin de se faire dans les meilleures conditions :
Pour la 1ère fois, le ministère supprime 41 postes à l’académie de La Réunion et ce, malgré un effectif élèves quasi équivalent à celui de l’année précédente. Les suppressions s’élevaient même initialement à 71 postes mais les actions syndicales de l’an dernier pour défendre les RASED ont permis de limiter les dégâts et d’arracher au ministère 30 postes
Les seuils d’ouverture et de fermeture fixés à une moyenne de 28 élèves par classe dans les écoles hors éducation prioritaire ont pour conséquence d’avoir, dans certaines classes des effectifs supérieurs à 30 ! Il est plus facile de fermer une classe que de la rouvrir après.
La prise en charge des élèves en grande difficulté se réduit de plus en plus :
disparition des classes contrat dans les collèges où des professeurs des écoles accompagnaient les élèves en grande difficulté,
moins de maîtres spécialisés pour les enfants présentant des difficultés passagères, mais ne relevant pas de l’aide personnalisée après la classe,

La scolarisation des 2 ans va connaître un recul très important : déjà l’an dernier, seuls 800 enfants de 2 ans étaient scolarisés (5,5% ). Cela n’a jamais constitué une priorité ni pour lé MEN ni pour le rectorat. Par ailleurs, ce trop faible taux de préscolarisation des 2 ans n’a jamais été compensé par une augmentation de l’offre en crèche : au contraire, le maintien des 2 3 dans ces structures (pour ceux qui ont la chance d’avoir eu une place), bloque toute nouvelle inscription. Où sont les jardins d’enfants souhaités par Mme Morano... à la charge des communes, alors que ces dernières ont encore aujourd’hui du mal à satisfaire les besoins des écoles.

Les risques de non remplacement des maîtres vont s’amplifier. Sans préjuger des conséquences de la grippe H1 N1 sur la gestion des écoles (personnels et élèves), le potentiel des personnels de remplacement risque fort d’être utilisé dès les premières semaines de la rentrée. L’intention du ministère de ne pas ouvrir les recrutements des « listes complémentaires » dans les départements, risque de se traduire, à terme, par des recrutements de « vacataires » via l’ANPE, institutionnalisant ainsi la précarisation dans le 1er degré.

La disparition des quelques assistants d’éducation du 1er degré arrivant en fin de contrat va suspendre de nombreuses activités dans les BCD et les rares espaces où l’informatique était encore proposée en groupes réduits, même si la BCD fait partie des programmes.

La situation des Auxiliaires de Vie scolaire devient préoccupante : beaucoup d’entre eux arrivent en fin de contrat, et il y a fort à parier que les enfants nécessitant cette aide risquent d’attendre longtemps avant d’avoir un autre AVS avec qui tout le relationnel sera à reconstruire.
Non, pour le SGEN CFDT, cette rentrée ne se fait pas dans de bonnes conditions. Il y a un réel décalage entre le discours rectoral et la réalité. La logique budgétaire de suppressions de postes, de non remplacement d’un départ sur deux à la retraite, la baisse générale de 10% de places aux concours, commence à être perceptible sur le fonctionnement du service public d’éducation.

SGEN-CFDT


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