Di sak na pou di

Une rentrée sous haute surveillance

Témoignages.re / 21 août 2013

La rentrée scolaire qui intervient après un changement d’orientation politique aurait pu s’accompagner de mesures ambitieuses pour l’école publique ; force est de constater que sur des aspects essentiels, le statu quo est déroutant : pourquoi par exemple maintenir des dispositions décriées comme le dispositif Eclair ou le socle commun ? Pourquoi ne pas avoir revu la réforme du lycée, ou rétabli le Bac Pro en 4 ans, ou encore revu le contrôle en cours de formation pour l’obtention de certains diplômes ?

Sur ces points, la FSU exprime sa déception ; sur d’autres, de nombreuses interrogations demeurent :

La FSU sera particulièrement attentive à la mise en œuvre dans les communes concernées de la réforme des rythmes scolaires en particulier sur le plan de l’encadrement des activités périscolaires, mais aussi quand les températures rendront difficiles les conditions d’apprentissage puisque le temps de présence des élèves à l’école va être augmenté. Rappelons que la FSU plaide pour la mise en place d’un calendrier climatique et estime que travailler sérieusement sur les rythmes scolaires doit passer par un débat approfondi et large sur l’organisation de l’année scolaire et pas seulement sur celle de la semaine.

Il faudra également être particulièrement vigilant sur les emplois répartis dans les écoles, collèges et lycées. Si nous saluons les créations de postes d’assistants sociaux, les autres catégories ne sont guère renforcées malgré les besoins criants en personnels de santé et administratifs. Seuls les enseignants font l’objet d’un effort, mais dans des conditions compliquées.

En effet, pour répondre à la crise du recrutement d’enseignants, le ministère a choisi de multiplier les modes d’entrée dans le métier : aux reçus aux concours s’ajoutera le recrutement d’étudiants admissibles à l’écrit et d’emplois d’avenir professeurs ; toutes ces formules s’accompagnant de différences notables dans les conditions de travail, de salaires, d’horaires et de missions. Certains exerceront pendant 6h, d’autres 12 annualisées, d’autres 15h, avec ou non des classes en responsabilité, avec ou non l’appui d’un tuteur.

A La Réunion où l’on attend 360 stagiaires, dont 198 admissibles et 79 emplois d’avenir professeurs, ces recrutements d’un nouveau type semblent mettre à la peine ceux chargés de les gérer.

Ainsi donc, un empilement de mesures va bousculer le paysage des salles de classe puisque des titulaires, des vacataires, des contractuels et des stagiaires aux statuts différents vont cohabiter dans une probable grande confusion, tous censés pourtant exercer le même métier.

Ces stagiaires auront en commun de ne disposer d’aucune formation préalable, de devoir réussir le tour de force de cumuler études, travail, formation en parallèle et pour certaines préparations de tout ou partie du concours ; et ils seront les premiers expérimentateurs de la toute nouvelle École Supérieure du Professorat et de l’Éducation. Sur ce sujet, la FSU déplore la précipitation et le flou qui ont présidé à sa mise en œuvre.

Malgré ces renforts en personnels, l’académie a dû dans certaines matières solliciter des Titulaires Remplaçants (TZR) pour occuper des postes vacants, ce qui posera de nombreux problèmes pour assurer les remplacements dans l’année.

Reste à espérer que la cellule de rentrée, une nouveauté mise en place pour la première fois dans l’académie et opérationnelle jusqu’au 30 août, sera en mesure de répondre d’ici là aux problèmes qui ne manqueront pas de se présenter.

En tout état de cause, pour la FSU, cette rentrée Peillon fera l’objet d’une attention redoublée.

Marie-Hélène Dor

Secrétaire départementale


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