Di sak na pou di

Une Réunionnaise d’exception !

Merci, Madame Marguerite Jauzelon !

Témoignages.re / 5 août 2009

J’ai lu son parcours. Sa jeunesse dans la cour de l’usine sucrière de Ravine-Creuse. Ce qu’elle décrit est parfaitement exact. Comme Madame Marguerite Jauzelon, j’ai vécu dans une cour d’usine, celle de la Rivière-du-Mât-les-Hauts, dans les années 50.

Elle était de l’autre côté de la barrière. Ce qu’elle décrit de la vie autour de l’usine n’a pas changé jusqu’au milieu du XXème siècle, et bien après, jusqu’à la fermeture des deux usines pour cause économique. Comme elle le dit, elle était une enfant gâtée, entourée de domestiques. Elle évoluait dans une prison dorée.
Elle entreprend des études brillantes et entre à l’École Normale. Là voilà institutrice à la Chaloupe-Saint-Leu. La guerre éclate. La prise de conscience de cette catastrophe réveille son patriotisme. Le Maréchal Pétain accepte la défaite en juin 1940. La venue à La Réunion du général Lelong et du lieutenant Schiklim, en 1943, permet de recruter du personnel féminin destiné à l’armée de libération basée en Afrique du Nord. Elle s’engage comme ambulancière pour toute la durée de la guerre. Elle a 26 ans. Elles sont 51 volontaires.
Le 23 novembre 1943, elles embarquent sur "Le Gallieni". Première escale : Tamatave, où les Réunionnaises rejoignent les volontaires malgaches. Elles sont en tout 200 volontaires : infirmières, assistantes sociales, téléphonistes, secrétaires, ambulancières... Leur désir, c’est défendre la France contre ses ennemis, les Allemands. Elles se retrouvent au front, où elles effectuent un travail extraordinaire jusqu’à la fin de la guerre.

Son récit de vie pour cette période tragique de notre histoire connue vient d’être publié par Surya-Éditions. En complément, on a droit aussi au récit de vie du combattant réunionnais Jean Joly. Marguerite Jauzelon a reçu six décorations.

Je regrette qu’il ait fallu attendre le 30 août 2002 pour que notre compatriote méritante soit fait chevalier de la Légion d’honneur. Soixante ans après ses actes de bravoure, qui ont permis de libérer la France. Mieux vaut tard que jamais !

En guise de conclusion, je laisse le soin à Marguerite Jauzelon de dire le message suivant : « Avec de l’adresse et du courage, vous saurez surmonter les difficultés que la vie vous réserve. Ne soyez pas pressés de prendre un engagement. Il faut d’abord recevoir une formation sérieuse afin d’assumer avec conséquence votre travail.
N’hésitez pas à quitter votre île à l’occasion, mais ne partez pas à l’aventure. Malgré les obstacles que vous rencontrerez — car il y en aura en ces temps difficiles —, ne désespérez jamais. Soyez hardis, persévérants, consciencieux.
Vous parviendrez ainsi à atteindre votre idéal ».

Le 25 juillet 2009, Madame Marguerite Jauzelon a eu 92 ans. Joyeux anniversaire, Madame !

Marc Kichenapanaïdou

P.S. : Vous pouvez acquérir ce livre formidable chez Surya-Éditions, au prix de 15 euros. Tél. : Tél : 0262-41-22-76.


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