Di sak na pou di

Une seule indemnité, quel que soit le nombre de mandats que l’on a…

Raymond Lauret / 18 mars 2015

Pour les élections de ce dimanche 22 mars, un taux d’abstention élevé semble ne pas faire de doute. Et certains commentateurs subodorent même que des surprises pourraient sortir des urnes ici ou là. Encore quelques jours, et l’on pourra vérifier le bien fondé de ce qui se dit et s’écrit aujourd’hui.

Electeur à La Possession, j’ai la possibilité de voir chaque jour tout ce qui a été fait tout au long des quelque quarante années passées. Pour ce premier tour, devant tout un flot de candidatures dont certaines ne m’inspirent pas beaucoup, mon choix sera celui de la reconnaissance que j’ai envie de manifester à un homme qui nous a quittés il y a moins d’un an après avoir consacré sa vie à sa commune. Je voterai pour un jeune dont je veux croire qu’il saura demain montrer lui aussi ses qualités…

Sur un plan plus général, la lecture de ce qui anime un grand nombre de candidates et de candidats dans toute l’île n’a rien de bien original. Toutes et tous ou presque se sont lancés dans des engagements de haut vol. Parfois, il fallait bien se retenir pour ne pas en sourire de tristesse. Et comme certains leaders n’en disent mot, je comprends Paul Vergès qui, lundi encore, confiait à la presse qu‘il « se désole des atermoiements, contradictions et tergiversations de ses pairs » et qu’il est « plus inquiet que jamais » !.. Comme on te comprend, Paul !…

Quelques-uns qui se comptent sur les doigts d’une seule main, heureusement, lèvent les yeux et osent, comme l’a fait Jean-Jacques Morel, poser les questions qui dérangent. Il en est une qui me tient particulièrement à cœur : la possibilité donnée par la loi à certains élus de cumuler – d’accumuler ? – les indemnités.

Interrogé par Pierre-Yves Versini dans le Quotidien de ce mardi 17 Mars, Jean-Jacques Morel n’y va pas par quatre chemins. « Le cumul à un simple niveau communal, non seulement des mandats mais également des fonctions et des indemnités, est insupportable dans une démocratie moderne » souligne-t-il avant de poursuivre : « … Quand j’ai porté, comme président-délégué de l’ADPE, le projet de parc des expositions de Saint-Denis, cette fonction n’était pas rémunérée, ce qui me semblait normal puisque je percevais une indemnité de 1er Adjoint. Aujourd’hui, à Saint-Denis, la seule présidence d’une SEM est payée 65 000 euros par an… ».

Hélas, le cumul des indemnités, la loi le permet. Résultat : des élus s’en mettent plein les poches. Allez, quitte à déplaire, je dis qu’il y en a qui s’en gavent. Notre peuple ne s’en est-il pas aperçu, lui qui ne cesse de venir grossir les rangs de l’abstention ? Car, la loi a beau permettre. Si cette loi tourne le dos à la Morale, alors comme on dit, il y a un problème. Un problème qui nous emmène tous à nous demander ce qu’ils ont donc à faire, tous ces vice-présidents de ceci et de cela, eux qui sont aussi élus municipaux et autres. Pendant qu’un dirigeant d’association se doit d’être bénévole ?..

Quand verrons-nous des élus réunionnais porter devant l’opinion et l’Assemblée Nationale et le Sénat la nécessité de limiter une personne – dut-elle avoir plusieurs mandats – à une seule indemnité ?


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