Di sak na pou di

Une tricherie monumentale, terminée dans la honte

Témoignages.re / 3 novembre 2012

Les conclusions récentes de l’agence antidopage américaine, suivies des décisions de l’Union Cycliste Internationale à l’encontre du coureur professionnel Lance Armstrong, n’ont pas manqué, comme ailleurs, de mettre en émoi la communauté cycliste réunionnaise.

Il n’y a pas de jour sans qu’un jeune coureur ou qu’un cyclotouriste rencontré au détour d’une route ou d’un sentier ne nous interpelle sur cette malheureuse affaire.

Cette triste actualité, révélatrice de la face sombre du sport, nous inspire les réflexions suivantes : La compétition cycliste, invention humaine (qui utilise une machine, prolongement de l’être humain), épouse les mœurs de son temps.

Imaginée à la fin du 19ème siècle, la course à vélocipède a été dès ses débuts encadrée par des entraîneurs de courses hippiques...

Il est aisé d’admettre que l’utilisation de produits destinés à améliorer artificiellement la performance fait partie, dès son origine, de la culture vélo.

Au fil des décennies, avec l’amélioration des connaissances scientifiques, le bricolage a évolué vers la préparation pseudo-scientifique illégale.

Revenons sur notre île. Faisons un constat : Le cyclisme de compétition à La Réunion ne s’est organisé que depuis les années 35, et du fait de la modestie de ses enjeux financiers et de l’insularité, il a été pratiquement épargné de cette partie perverse de la culture vélo.

De même, nos sélections régionales confrontées à des coureurs nationaux ou internationaux notoirement "préparés" n’ont, sauf exception, pas cédé aux chants des sirènes de la gloriole et du sport-spectacle.

Que pouvons-nous répondre aux jeunes et au public qui se posent des questions ? Que le dopage est un acte de délinquance, nocif à la santé publique, Que nos valeureux "vainqueurs pays" des Tours de La Réunion" que je connais personnellement (Brice Payet, Richard Baret, Stéphane Lucilly, Christophe Boyer) n’ont jamais triché, Que nos instances fédérales locales et nationales, nos clubs, nos éducateurs sportifs sont dignes de confiance et garants de l’éthique du sport, Qu’il est temps que soit percée l’opacité des instances internationales tolérantes et celle des autres sports.

J’oubliais... utilisons notre bicyclette à chaque fois que c’est possible pour nos déplacements quotidiens !

Philippe de Cotte, éducateur sportif


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