Di sak na pou di

Vers le coma circulatoire « réel » à La Réunion !

Paul Dennemont / 18 avril 2016

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Si le Protocole de Matignon signé par la Région et l’État n’avait pas été remis en cause par Didier Robert, ces embouteillages n’existeraient plus car le tram-train circulerait.

Les Réunionnais paient aujourd’hui au prix fort – et qu’en sera-t-il demain - le choix de la Région, en 2010, de privilégier une politique des transports basée sur le tout-automobile et d’abandonner le tram-train, un projet de Paul Vergès et de la majorité régionale de l’époque, qui répondait aux besoins de la mobilité de la population croissante de l’ile. Une population de plus de 850 000 habitants actuellement. Les kilomètres de bouchons constatés au cours de ces derniers jours, et générés par la grève du BTP, en sont l’illustration. Et nous serions aveugles, si nous ne voyons pas que ça va de mal en pis, tant sur nos routes que dans nos villes.

En effet, nous subissons en permanence, et chaque jour un peu plus des embouteillages monstres, des bouchons, comme ceux auxquels nous assistons quotidiennement aux entrées Est et Ouest de Saint-Denis, avec des effets néfastes pour l’économie du pays. Mais pas seulement ! Et comment pourrait-il en être autrement, quand nous avons sur une petite ile qui n’est pas extensible à ce que je sache, un parc automobile de plus de 350 000 véhicules particuliers, et en constante augmentation. Où allons-nous ? Chaque année, ce sont plus de 20 000 véhicules neufs qui sont immatriculés à la Réunion. A titre d’exemples, il y a eu 20 612 en 2014, et 22 297 en 2015, soit 42 909 véhicules en deux ans. Au cours de ces 5 dernières années (2011-20015), ce sont plus de 100 000 véhicules neufs qui ont été immatriculés chez nous. Mais le pire est à venir, car selon les prévisions, notre parc automobile devrait atteindre à l’horizon 2020, c’est-à-dire dans 4 ans seulement, les 500 000 véhicules ! C’est le coma circulatoire assuré. Un coma « réel », pour reprendre l’expression à la mode.

Et, il est assez troublant de constater que cette situation pourtant préoccupante n’a pas l’air de susciter d’inquiétude particulière chez nos gouvernants, qui visiblement ont perdu la boussole avec leur NRL, « sur mer » ! Mais ne dit-on pas que « nous avons les élus que nous méritons » ?

Paul Dennemont
Saint-André

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