Di sak na pou di

"Vive la femme", tous les jours

Témoignages.re / 11 mars 2013

Hier toute la journée comme les autres années, le même constat : les salaires des femmes, c’est 20 à 30% de moins que le salaire des hommes.

Hier comme les autres années, le même constat : heureusement qu’il y a des Femmes-Mamans pour s’occuper des enfants.

Hier comme avant-hier, le même refrain : une journée pour Elles et puis tout recommence comme avant.

Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Oui, pourquoi changer une société quand les Hommes gagnent ?

Heureusement qu’il y a des Femmes. Oui et c’est tant mieux. Oui, heureusement qu’il y a et qu’il y a eu des Femmes.

Aujourd’hui, je voudrais écrire sur cette Femme révolutionnaire inconnue : Olympe de Gouges, 1748-1793.

Au temps de la Révolution française apparait dans le paysage politique : Olympe de Gouges.

Qu’a-t-elle fait ? Qu’a-t-elle écrit ? Qu’a-t-elle proclamé ?

Charité bien ordonnée commence par nous, Réunionnaises, nous, Réunionnais.

Olympe de Gouges a défendu les Noirs avant la Société des Amis des Noirs. Avant Voltaire, Hugo et les autres...

Cette femme, juste après la proclamation des Droits de l’Homme, a placardé dans tout Paris la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne (1791).

Dans cette Proclamation, elle a combattu ces « Révolutionnaires qui refusent de reconnaître le droit des Femmes » . Elle a combattu Robespierre, Danton et compagnie…

Que trouvons-nous dans cette Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne :

- la création de l’ancêtre de la Sécurité sociale,

- la mise en place d’une aide financière aux privées, privés d’emploi (l’ancêtre des ASSEDIC),

- la création d’une Caisse de retraite,

- la liberté sexuelle,

- le mariage des prêtres,

- le droit au divorce,

- l’égalité des droits des enfants qu’ils soient légitimes ou "naturels",

- le droit des Femmes de se réunir,

- la suppression de la peine de mort (vif débat avec Robespierre : elle a défendu la cause du Roi Louis XVI en tant que Personne).

Tout cela a fait "désordre" auprès de nos grands Révolutionnaires. Olympe de Gouges a revendiqué que les femmes puissent intervenir à l’assemblée de la Convention :

« Les Femmes ont le droit de monter sur l’échafaud, elles ont le droit de monter à la tribune de l’assemblée ».

Trop, c’est trop. Elle fût guillotinée le 3 novembre 1793.

Trop ! c’est trop ! Aujourd’hui, c’est pire que l’échafaud : c’est le silence. Une deuxième mort.

Je t’invite à rencontrer cette femme militante. Tu liras comme moi le préambule de la Proclamation des Droits de la Femme et de la Citoyenne avec étonnement et émotion.

Tu peux retrouver cette Belle Femme sur internet ou en achetant le livre de Benoite Grout, édition Grasset, dont le titre est "Ainsi soit Olympe de Gouges".

Je terminerai cette page en citant Olympe :

«  Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la Femme sont les seules causes des malheurs publics et sources de la corruption des gouvernements ... ; ». A méditer cette prophétie combien Réelle.

Et elle rajoute : «  que soient respectées les égalités entre les Femmes et les Hommes qui sont fondées sur des principes simples et incontestables qui, ces égalités — donneront une belle constitution, de bonnes mœurs et le bonheur pour toutes et pour tous ».

Quelle vérité ! Et dire que c’est le silence sur cette Femme et toutes celles qui l’ont accompagnée... jusqu’à l’échafaud.

Et dire que c’est le silence sur ces femmes-esclaves réunionnaises qui se sont révoltées et qui un jour « Nous ont offert cette liberté, cette reconnaissance de la dignité de l’âtre humain ».

Demain je chanterai ces Grandes Mères, nos libératrices du joug inhumain : l’esclavage. Oui, je chanterai pour Elles.

Mais aujourd’hui, je te dis "Sois assurée, Chère Compatriote, Chère Amie que je proclame fort ce jour et demain et toujours : "Vive la femme".

Aimé


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